Gabriel Orozco

 date

du 15/09/2010 au 03/01/2011

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 appréciation
 tags

Centre Pompidou / Gabriel Orozco

 liens

Centre Pompidou

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C’est acquis : les artistes conviés à présenter une rétrospective de leur travail veulent échapper à toute muséification. Certains laissent ainsi de côté leurs œuvres les plus connues tandis que d’autres en profitent pour repenser l’espace d’exposition ; c’est précisément le cas de Gabriel Orozco. Bien secondé par la commissaire Christine Macel, le Mexicain montre à Paris une version très différente de la monographie ayant précédemment fait escale à Bâle et au MOMA. Située Galerie Sud, l’exposition veut profiter de ses larges baies vitrées pour apparaître comme un prolongement de la rue. Par conséquent, les pièces sont présentées à même le sol ou sur des tables d’atelier. Seuls quelques photos et dessins ornent les deux pans de mur restants et aucun cartel ne vient guider le spectateur qui doit alors utiliser le dépliant remis à l’entrée pour se repérer. Signalons, pour terminer cette présentation formelle, qu’une ligne noire délimite les espaces où sont installés les objets et qu’une intrusion à l’intérieur de ceux-ci occasionne une remise à l’ordre de la part de deux faux policiers mexicains en faction dans la Galerie.

Afin de ne pas non plus trop déconcerter les spectateurs, les pièces les plus célèbres d’Orozco se trouvent bien en évidence : de La DS, séparée en trois parties et réassemblée le milieu ôté, au crâne en damiers (Black Kites) en passant par les dessins et collages sur lesquels le Mexicain a superposé formes elliptiques, proches des structures atomiques, et photographies de sportifs en action (série Atomists). Au gré de la contemplation de la grosse cinquantaine d’œuvres, quelques lignes de force affleurent, comme cet attachement à la forme circulaire ou sphérique : dessins d’atomes, donc, mais aussi ballon de football (crevé et servant de réceptacle à de l’eau de pluie dans Pinched Ball ou incisé dans Soccer Ball 7), formes circulaires dessinées sur un tronc de manguier (Drops on Trunk), boules en caoutchouc (Recaptured Nature), en polystyrène faisant office des graines (Seed) ou de plasticine (Yielding Stone).

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Four Bicycles (There Is Always One Direction)
(courtesy de l’artiste)

Avec cette dernière, place à un autre point saillant du travail d’Orozco : sa manière d’inclure, à la limite de la mégalomanie, son propre physique dans ses créations. En effet, le poids de cette boule correspond à celui de l’artiste comme l’Elevator est une cabine d’ascenseur découpée horizontalement et redimensionnée à sa propre taille. Cette démarche modificatrice de la réalité rejoint celle rencontrées dans d’autres pièces : échiquier agrandi à 256 cases (Horses Running Endlessly), bicyclettes encastrées les unes dans les autres (Four Bicycles (There Is Always One Direction)) voire tous les adjonctions ajoutées aux troncs d’arbre (Drops on Trunk ou Eyes Under Elephant Foot et ses yeux de verre insérés dans un tronc de beaucarnéa).

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From Roof To Roof
(courtesy de l’artiste)

Peut-être davantage que ces pièces un rien grandiloquentes, on pourra préférer les réalisations plus discrètes d’Orozco, comme My Hands Are My Heart, deux photos par lesquelles une boule d’argile moulée à la main devient un cœur, Breath On Piano, simple capture du souffle humain sur le d’un piano, ou From Roof To Roof, essai sur la réflexion d’un toit recouvert d’une pellicule de pluie. Quoiqu’il en soit, l’exposition, au-delà de son accrochage discutable, parvient à restituer l’accessibilité du travail d’Orozco (de nombreux enfants la visitent enchantés) et sa variété résultant de la diversité des media utilisés.

Itinérance de l’exposition :
- du 19 janvier au 25 avril 2011 : Tate Modern - Londres

François Bousquet
le 15/12/2010

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