Brocoli : 5 Years of Music - Michel Chion / Pierre-Yves Macé / Vincent Epplay + Sébastien Roux

 date du concert

02/12/2010

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

 tags

Brocoli / Instants Chavirés / Michel Chion / Pierre-Yves Macé / Sébastien Roux / Vincent Epplay

 liens

Vincent Epplay
Pierre-Yves Macé
Michel Chion
Brocoli
Instants Chavirés

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Afin de fêter ses 5 ans d’activité, le label Brocoli mené par le duo Minizza investissait les Instants Chavirés pour deux soirées thématiques. Aujourd’hui une approche plus concrète avec notamment Michel Chion et Pierre-Yves Macé, et le 16 décembre une deuxième soirée plus orientée live avec Minizza, On, et la nouvelle signature Quentin Sirjacq.

Une organisation millimétrée, avec à 21h pétante la bienvenue de la part des responsables du label et une présentation du premier concert, assuré par Michel Chion. Nous avions déjà vu celui-ci en concert lors d’une précédente soirée Brocoli à l’OpA, mais aussi lors du festival Présences Electronique, avec deux appréciations complètement différentes de son travail. On ne savait donc pas trop à quoi s’attendre ce soir alors que l’artiste s’apprêtait à interpréter un extrait de La vie en prose, une nouvelle œuvre qui devrait sortir au printemps 2011 chez Brocoli.
Comme c’est généralement le cas pour ce type de musique, il s’agit là d’une diffusion spatialisée, Michel Chion étant à la console de mixage au milieu de la salle. On se rend tout de suite compte que l’on sera bien loin de Tu, précédent album de l’artiste publié sur le label parisien. Les sonorités sont vives, franches, voire percutantes, trouvant un juste équilibre entre bruitages et bribes mélodiques, l’ensemble étant construit comme un collage cassant créant une impression de chaos. Et puis petit à petit les mélodies semblent prendre le dessus via des collages venus d’une autre époque, nous rappelant d’ailleurs un peu le Passagenweg de Pierre-Yves Macé. Plus on avance et plus l’origine des sons nous paraît populaire avec notamment des samples de fanfares et autres carnavals, des ambiances rythmées et festives ponctuées de coups de klaxons, bruit de moteur, boite à rythme pour s’achever sur un tempo pop-rock légèrement déglingué. Bien loin de Tu donc, cette nouvelle pièce symphonique se révèle être pleine de vie, plus classiquement musicale et donc plus facile d’accès.

Un petit quart d’heure de pause et on enchaînait avec Pierre-Yves Macé. Ayant déjà vu deux interprétations live de Passagenweg, on était heureux de découvrir ce soir une autre production de l’artiste. Song Recycle est une pièce pour piano et voix, mais celle-ci proviennent d’internet. Séquences sonores extraites de YouTube et autres plateformes du genre, généralement des chants a cappella sélectionnés et traités en studio afin de fournir une bande son sur laquelle Pierre-Yves Macé vient ajouter des séquences de piano live.
Le concert débute par quelques field recordings, bruitages, voix, très certainement des collages de sons et films trouvés eux aussi sur le net, puis une trompette et cassure nette. Voix chaleureuse un peu maniérée, une teinte jazz-blues, et Pierre-Yves Macé se charge de l’accompagnement, précis et appliqué. Le concert est ainsi un enchainement de vignettes ambient-concrète, et de chansons improbables, fruit d’anonymes et du piano contemporain du Français. On notera en particulier quelques très beaux traitements du chant, jouant sur des syncopes, cassures, samples joués à l’envers, et on ressortira de ce concert complètement sous le charme. D’un autre côté, a posteriori on regrettera une certaine unité de ton, un charme rétro dans ces voix, dans ces mélodies, qui font que finalement ce concert était parfaitement dans la lignée des production du musicien alors qu’un décalage complet aurait peut-être été le bienvenu. A quand le piano de Pierre-Yves Macé sur une chanson de Lady Gaga ?

Changement de configuration pour le dernier concert, puisque c’est au tour de Vincent Epplay et Sébastien Roux de se produire au beau milieu de la salle. On nous présentera ce set comme un ping-pong sonore afin d’expliquer leur jeu face à face, mais d’une part ces explications nous apparaîtront complètement superflues et d’autre part cela doit faire près de deux ans qu’ils se produisent de la même façon.
Chacun envoie ses sons, mais on ne verra quasiment aucune interaction entre les deux musiciens. Ce sont principalement les projections qui semblaient leur être utiles afin de s’assurer que leur set est bien calé. Des projections originales, tantôt concrètes et plutôt bien calées avec la musique, tantôt abstraites, proches de l’écran noir, pendant que les deux artistes laissaient libre court à leurs délires soniques. Que l’on ne s’y trompe pas : on appréciera grandement cette performance, musicalement riche, soignée, se renouvelant sans cesse, aux sonorités à la fois ambient et noisy-sexy, une musique sombre et mystérieuse faite de sons générés ou traités par laptops interposés. Un habile mélange, à la fois brut et propre.

Fabrice ALLARD
le 05/12/2010

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