Quentin Sirjacq

La Chambre Claire

(Brocoli / COD&S Distribution)

 date de sortie

07/09/2010

 genre

Classique

 style

Néo-Classique

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Brocoli / Néo-Classique / Quentin Sirjacq

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Quentin Sirjacq

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Surprise en recevant cette nouvelle production du label Brocoli, puisqu’il s’agit ici d’une nouvelle signature et d’un artiste que l’on ne connaissait pas jusque là. Hasard de calendrier et de notre retard de chronique, en l’espace de deux semaines nous allons découvrir cet artiste à la fois sur disque et en live.

Quentin Sirjacq est né à Paris où il étudie très tôt le piano et se construit une culture musicale en passant par le jazz, les "minimalistes" américains, les néo-classiques romantiques tout en ayant une pratique très ancrée dans la scène improvisée, jouant avec Fred Frith ou enregistrant l’an dernier avec Joëlle Léandre. La Chambre Claire semble marquer une nouvelle étape puisqu’il s’agit d’une part du premier album solo de Quentin Sirjacq et d’autre part d’une musique composée. À l’image de son titre et de la photo qui l’illustre à l’intérieur, La Chambre Claire délivre une musique intimiste au travers de laquelle on sent l’influence d’artistes classiques contemporains avec en plus cette pointe de romantisme, ces mélodies subtilement dosées. Loin des expérimentations souvent un peu froides, l’artiste se met à nu en 10 pistes dont les titres mis bout à bout forment les cinq derniers vers du poème Obsession de Charles Baudelaire :

car je cherche le vide
et le noir
et le nu
mais les ténèbres sont elles-mêmes
des toiles où vivent
jaillissant de mon œil
par milliers
des êtres disparus
aux regards familiers.
obsession

On aura tendance à trouver que le disque s’ouvre timidement, avec un piano cinématographique, des accélérations et silences, et puis on distingue au second plan de très subtils inserts électroniques, fruits d’une participation de Steve Argüelles que l’on retrouve sur les tranches de vie qui composent et le noir. Le piano n’est d’ailleurs jamais vraiment seul, régulièrement accompagné de cordes, un vibraphone parfois, d’inattendus grondements de guitare sur mais les ténèbres sont elles-mêmes, tantôt utilisés de façon classique, en guise d’accompagnement ou afin de souligner une mélodie (et le nu, obsession), et tantôt de façon plus intéressante, à la manière d’effets électroniques comme cet original dédoublement de piano désaccordé (par milliers) ou de très légers frottements d’archet évoquant le vent entre les branches sur des êtres disparus.
La seconde moitié de l’album gagne assez nettement notre préférence, peut-être en raison d’une plus forte intensité dramatique, ou peut-être plus simplement des mélodies qui nous touchent un peu plus. Difficile de reste de marbre à l’écoute de jaillissant de mon œil, puissant, contrasté, et construit comme une chanson pop avec son alternance de couplets et refrain, le tout en véritable piano solo. des êtres disparus est un autre grand moment, plus complexe, tout en finesses et subtilités, des silences qui en disent long et des fantômes qui viennent vous souffler à l’oreille. On notera enfin aux regards familiers. qui ferme magnifiquement ce triptyque avec un jeu franc, affirmé et puissant, véritable explosion d’une énergie jusque là contenue.

Contrairement à ce que l’on entend assez souvent aujourd’hui sous la bannière néo-classique, La Chambre Claire n’est pas un album forcément très facile à appréhender. Un premier abord un peu abstrait, des mélodies qu’il faudra peut-être chercher, mais aussi quelques accroches implacable... Le genre de disque sur lequel on revient et qui finit assez rapidement par se révéler indispensable.

Et pour ceux qui voudraient commencer par une approche live, ça se passera le 16 décembre aux Instants Chavirés dans le cadre de la 2ème soirée d’anniversaire des 5 ans du label.

Fabrice ALLARD
le 08/12/2010

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