Oy

First Box Then Walk

(Creaked Records / Import)

 date de sortie

00/02/2010

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Pop / Toy Music

 appréciation

 écouter

26 extraits (Flash)

 tags

Creaked Records / Expérimental / Oy / Pop / Toy Music

 liens

Oy
Creaked Records

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Il y a un petit mois, nous faisions le déplacement au Centre Culturel Suisse afin de découvrir Oy sur scène, nouvelle signature du label Creaked Records auquel nous devons notamment Larytta. Habituée à se produire en live avec différentes formations venues du hip-hop ou du dub, Oy jouait ce soir en solo, nous offrant une présentation live de son album, suffisamment convaincante pour nous donner envie d’écouter la version CD. C’est donc dans ce cadre que nous revenons sur les souvenirs d’enfance de la ghanéenne Joy Frempong avec cet album sorti en début d’année.

Le concert était une véritable présentation de First Box Then Walk et on se retrouve du coup très vite en terrain connu avec une production très proche du live. La jeune musicienne a écrit ce premier album à partir de souvenirs d’enfance, quelques claviers et de nombreux jouets sonores, l’ensemble ayant globalement une petite teinte toy music / musique pour enfants (pas sages), avec une approche très live, improvisée, mettant à profit le charme de mélodies bancales, mais pas seulement.
L’album est composé de 26 pistes, partagées entre un format pop avec des chansons de 2-3mn et des interludes qui sont autant d’expérimentations plus ou moins abstraites (les rires des Waha !, les textures électroniques et la flute folle de Dangeroo, les klaxons mélodiques de Positivili Two) ou d’anecdotes racontées en toute simplicité comme cette croyance qu’ont les enfants qu’une sorcière habite dans les toilettes (Toilet Witch). Sur des formats plus longs, Oy reste sur cette thématique, chantant son refus d’aller à l’école, se trouvant trop laide après avoir perdu une dent sur la douce électro-pop de Tooth, ou le fait de rester coincée dans son lit de peur que le serpent caché sous sa couche ne la mordre dès qu’elle posera un pied à terre (Snake). Là aussi Oy délivre de très belles mélodies à base de claviers et glockenspiel tandis que chuintements vocaux et autres bruitages composent une rythmique cliquetante.

Tout y passe, de la peur des monstres, du regard des autres, aux premières amours (Sex sur des mélodies de kalimba), une sortie dans une boite de strip-tease (Naughty Girl et ses bris de verre). Et si l’ambiance générale est à une certaine légèreté mélodique parfaitement adapté à l’insouciance enfantine, Oy sait aussi se faire sérieuse, aussi bien avec un chant très appliqué qu’avec des arrangements plus complexes et une musique un peu plus dure. L’album s’ouvre par exemple sur une électronique dense et rythmée, grésillante, un tempo lourd et une voix groovy affirmée, enchaîne avec un trip-hop électroacoustique sautillant sur Hatching, et va jusqu’à un rock électronique sur Dogrose Battle.
Par ailleurs on trouve de très belles chansons électro-pop, d’une douceur envoutante, tempo parfait et voix feutrée pour ne pas réveiller les Trolls, regard nostalgique sur l’enfance avec le piano et la flûte très sage de Cloudy Gallery, ou encore le superbe Tonight qui conclue l’album.

Ce premier essai de Oy est un disque atypique, peut-être parce qu’il s’agit du premier. Très personnel, des influences culturelles et liées aux musiques actuelles, des bricolages ludiques mais aussi possiblement des voies plus sages, plus "adultes" qu’on l’imagine facilement approfondir sur ses prochaines productions. Un peu d’électronique, de pop, de trip-hop, des chansons pour enfants ou pour les adultes curieux qui ont gardé leur âme d’enfant.

Fabrice ALLARD
le 09/12/2010

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