Ametsub

The Nothings of The North

(Mille Plateaux / La Baleine)

 date de sortie

06/07/2010

 genre

Electronique

 style

Ambient / Electronica / Glitch

 appréciation

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13 extraits (Flash)

 tags

Ambient / Ametsub / Electronica / Glitch / Mille Plateaux

 liens

Mille Plateaux
Ametsub

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Comme de nombreuses sorties récentes du label Mille Plateaux, Ametsub, projet du japonais Akihito Saito, était déjà présent sur la compilation Clicks & Cuts 5.0 qui annonçait la reprise d’activité de la structure allemande. L’artiste en n’est pas à son coup d’essai puisqu’il était signé sur le label japonais Progressive Form avec Linear Cryptics publié en 2006 et ce The Nothings of The North déjà sorti au Japon en 2009. L’album, apparemment remarqué par Ryuichi Sakamoto, se voit enrichi ici d’un remix de Helios et d’une vidéo en bonus.

Au risque de faire dans le lieu commun, avec encore une fois l’Islande comme terre d’inspiration, cet album fait suite à un voyage du japonais au pays des trolls. Ceci explique certainement en partie pourquoi Yagya a laissé un petit mot en expliquant à quel point il aimait cet album... Mais qu’importe, mis à part quelques samples aisément reconnaissables, cette inspiration ou ces influences sont suffisamment subtiles pour ne pas étouffer la beauté de la musique d’Ametsub.
L’artiste possède un son suffisamment personnel pour ne pas souffrir de critiques faciles envers une musique qui reste globalement très electronica, tout à fait dans la lignée du label Mille Plateaux avec son lot de glitchs, cliquetis électroniques et cassures nettes. Ce qui fait sa particularité, c’est un piano omniprésent qui confère à The Nothings of The North une légère teinte néoclassique.

L’album s’ouvre d’ailleurs sur quelques notes répétitives qui donnent le tempo, se calent sur une rythmique minimale (Solitude) avant de bifurquer vers une ambient rythmique plutôt séduisante. On préfèrera toutefois le jeu brut, déconstruit de Lichen With Piano, donnant l’impression d’être interprété sur un instrument à moitié cassé, usé par le temps, jonglant parfaitement avec les syncopes rythmiques, ou encore le piano haché par les laptops de Old Obscurity, créant une belle montée de tension. Une introduction d’album séduisante mais qui pourra surprendre avec un Repeatedly croisant ambiance lounge, traitement vocal puisant dans le hip-hop, et percussions jazzy.
À mi parcours, l’électronique reprend le dessus et on aborde quelques titres un peu plus classiques sur la forme mais joliment menés. Superbe croisement entre la richesse d’une electronica concassée et des synthés vintages sur Snowy Lava, ambient dubbisante et granuleuse sur Peaks Far Afield, mélodies éclatantes et déchirements rythmiques sur Time For Trees tandis que Skyr sera l’apogée synthétique, fortement marquée par les teintes d’une musique planante germanique.
Le dernier tiers de l’album possède lui aussi son propre style. Grosse réussite d’abord avec le retour du piano sur une rythmique minimale chaloupée (Faint Dazzlings), puis utilisation de samples locaux (voix islandaise, vent, mer, oiseaux) sur Mosfell ou mieux l’ambient dérangée de 66, donnant l’impression que des oiseaux se sont emparés du microphone de l’artiste.

Derrière des teintes et des méthodes variées, le Japonais parvient à garder une certaine cohérence et construit un album riche, coloré, séduisant, à la fois mélodique et crépitant.

En guise de découverte, Faint Dazzlings.

Fabrice ALLARD
le 26/12/2010

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