Les recherches d’un chien

 date

du 23/10/2010 au 16/01/2011

 salle

Maison Rouge,
Paris

 appréciation
 tags

Bruce Nauman / Claire Fontaine / Fischli & Weiss / Gardar Eide Einarsson / Gregor Schneider / Jeff Koons / Kara Walker / Maison Rouge / Mark Dion / Mark Manders / Martin Parr / Maurizio Cattelan / Mircea Cantor / Paul McCarthy / Sherrie Levine / Stéphane Thidet / Thomas Hirschhorn / Virginie Barré

 liens

Maison Rouge

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L’automne est souvent la saison que la Maison rouge consacre à la monstration de collections privées. Projet un peu différent cette année puisque le lieu parisien accueille une exposition itinérante montée à partir des collections de cinq fondations privées européennes regroupées en une même association. Après être passée par Turin et Cascais, Les recherches d’un chien s’arrêtent donc le long du Port de l’Arsenal et permettent de retrouver une quarantaine d’artistes dans un ensemble plutôt hétérogène.

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Virginie Barré - Les hommes venus d’ailleurs
(courtesy Galerie Loevenbruck)

Si le titre de l’exposition intrigue (référence à une nouvelle de Kafka dont le lien avec les œuvres présentées est plus que mince), on pourra rapidement le laisser de côté sauf pour éventuellement servir d’introduction à quelques pièces mettant en scène des animaux. On peut ainsi voir les sculptures Animal de Fischli & Weiss, Les nécrophores de Mark Dion (taupe géante suspendue au plafond et portant un insecte sur son dos) ou le Pig de Paul McCarthy affalé de tout son long comme s’il s’était gavé de la junk food prise en photo par Martin Parr dans l’un de ses éternels assemblages kitsch et vulgaire. Enfin, pris par une certaine peur animale, le petit mannequin de Virginie Barré se cache les yeux, se réfugie dans un coin et nous tourne le dos.

Plusieurs créateurs font le choix d’intervenir dans un champ politique. Dans ce cadre, plutôt que le néon grandiloquent de Claire Fontaine ou l’installation du toujours aussi boursouflé Thomas Hirschhorn, on préfèrera les démarches silencieuses et décalées d’autres artistes. Santiago Serra livre ainsi une vidéo dans laquelle une personne stoppe une file de camions manœuvrant à proximité de hangars portuaires, Mircea Cantor filme des manifestants albanais dont les pancartes sont en réalité des miroirs renvoyant une image déformée de Tirana, Bruce Nauman suspend à l’envers une chaise symbole d’interrogatoires policiers, Gardar Eide Einarsson brûle en partie un drapeau sur lequel « freedom » était inscrit et Maurizio Cattelan, étonnamment peu démonstratif pour une fois, transforme le sigle des Brigades Rouges pour en faire une enseigne lumineuse de bar.

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DeAnna Maganias - The View From Bed
(courtesy Rebecca Camhi Gallery)

Même constat dans le champ intime : pour faire de la chambre ou de la maison une représentation de soi, le minimalisme de DeAnna Maganias (astucieuse sculpture reproduisant sa chambre vue de son lit, avec le plafond au sol, donc) prime sur les installations imposantes de Mark Manders et Gregor Schneider. Au croisement de l’intime et du politique, trois femmes nées dans les années 1960 impressionnent : Kara Walker avec un de ses alliages papier découpé-mur peint entre ombres chinoises et souvenir des traditions afro-américaines, Lorna Simpson avec une photographie de dos d’une jeune fille noire et Sigalit Landau qui, pour évoquer le conflit israélo-palestinien, fait, nue sur une plage, du hula hoop avec un cerceau de barbelés.

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Kara Walker - Untitled
(courtesy Ellipse Foundation)

Enfin, l’exposition se termine par quelques détournements, entre appropriationnisme (Sherrie Levine qui recrée en bronze poli des masques tanzaniens), jeu sur la perception par le spectateur (Stéphane Thidet qui nous annonce un terril alors qu’il s’agit en fait d’une montagne de confettis noirs) et association pop (Jeff Koons qui accroche une bouée canard en plastique à un boulet de démolition).

Itinérance de l’exposition :
- du 17 février au 29 mai 2011 : Magasin 3 - Stockholm
- du 22 juin au 15 octobre 2011 : DESTE Foundation – Athènes

François Bousquet
le 07/01/2011

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