Lugano Fell

Slice Repair

(Baskaru / COD&S Distribution)

 date de sortie

00/07/2010

 genre

Electronique

 style

Ambient / Expérimental / Musique Concrète

 appréciation

 écouter

Vallory (Flash)

 tags

Ambient / Baskaru / Expérimental / Lugano Fell / Musique Concrète

 liens

Baskaru
Lugano Fell

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Nouvel artiste et projet étonnant que l’on découvrait cet été chez Baskaru puisque derrière ce pseudo italo-britannique se cache en réalité James Taylor, moitié du célèbre duo tech-house Swayzak. On ne citera le duo que pour faire la connexion, mais aucune comparaison ne sera possible puisqu’avec ce projet, l’artiste britannique prend un virage à 90°. Cette embardée en solo n’est pas toute nouvelle puisque James Taylor est déjà auteur de deux CDR autoproduits qui ont été compilés sur ce disque en bénéficiant d’un mastering de Lawrence English, rien que ça !

Rien à voir avec Swayzak donc, et on s’en rend bien vite compte puisque l’album s’ouvre que des bleeps rétros (sur le coup on pense à Arne Nordheim) noyés dans des textures grésillantes avec Bleaker. Juste après, les 2mn de Caniculaire sont composées d’un magma de tintements électroniques, grattouillages de cordes, étranges grognements et textures frétillantes, un collage riche que l’on rapprochera de la musique concrète et un style que l’on retrouvera sur 47 Easy 47.
On se situe clairement sur le terrain des musiques expérimentales, James Taylor s’amusant avec toutes les sources sonores qui lui tombent sous la main. Glitchs électroniques, mélodies de guitare, voix qui semblent extraites d’un reportage TV sur la jeunesse actuelle (Preform Naple), ceux-ci pouvant être utilisés tels quels ou déformés, triturés par les machines au point d’être méconnaissables. Tantôt mélodique, tantôt douce et ambient (Malpenza) mais aussi bruitiste, la musique de Lugano Fell joue avec les sons, passe d’une douceur mélodique à des textures arides, ou juxtapose bien souvent les deux, à l’image de cette mélodie de guitare habillée d’une texture ronronnante sur le lancinant Slope, berceuse des temps modernes.

La musique de Lugano Fell est extrêmement variée et on attribuera cette richesse à la variété des sources sonores et des traitements utilisés. Elle est aussi abstraite, chaque pièce peut durer de 2 à 13mn et en son sein être découpée de façon imprévisible à l’image de Preform Naple, s’ouvrant sur un bruit de gamelle, enchaînant sur des effets de hachage de voix (probablement un lecteur CD joué en accéléré) puis créant une rupture abrupte avec des coups fracassants sur un piano.
L’album est particulièrement bien construit, dosant parfaitement les coups de stress et les séquences apaisées (Vallory et ses field recordings de bord de mer, l’ambient-noise de Hofnah dont les traitements électroniques pourront faire penser à Fennesz). On se dira d’ailleurs assez régulièrement que tout dans cet album nous est déjà connu, reposant majoritairement sur des collages et traitements lives. Le dernier titre est le parfait exemple de cette école electronica-glitch, avec le traitement laptopesque d’une guitare acoustique qui se prolonge pendant plus de 13 minutes. Mais avec ses effets de CD qui saute, ses nappes et textures en perpétuelle évolution, l’artiste s’en sort à merveille et parvient à capter l’attention.

Difficile de dire si les fans de Swayzak apprécieront la démarche, mais tout amateur d’une electronica dense, fourmillante et pointue devrait y trouver son compte.

Fabrice ALLARD
le 28/12/2010

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