Basquiat

 date

du 15/10/2010 au 30/01/2011

 salle

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris,
Paris

 appréciation
 tags

Jean-Michel Basquiat / Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

 liens

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

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Faire fi du caractère mythifié du personnage. Mettre de côté la magnification de sa carrière météorique. Passer outre la file d’attente qui s’étend sur une centaine de mètres à l’extérieur du Musée. Oublier le battage médiatique assuré autour de cette rétrospective, « première exposition de cette ampleur jamais consacrée à Basquiat » claironne l’institution parisienne. Autant de résolutions prises au moment de visiter la monographie consacrée à l’États-unien. Et pourtant : la foule qui se bouscule dans chaque salle, le matériel d’exposition glorificateur et la scénographie même avec la présence de grandes photos iconiques à plusieurs endroits nous ont presqu’empêchés d’apprécier véritablement les œuvres du New-Yorkais.

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Now’s The Time
(courtesy The Estate of Jean-Michel Basquiat)

Réunis dans un accrochage qui cède à la facilité de la chronologie et ne nous épargne pas la salle de dessins et croquis en milieu d’exposition (à quand une monographie au Musée d’art moderne de la ville de Paris qui en fera l’économie ?), les travaux de Jean-Michel Basquiat s’attachent aux thèmes que l’on associe traditionnellement à la figure de l’artiste. Forte influence des cultures urbaines (graffiti, bande dessinée, street art), mysticisme plus ou moins inspiré de ses origines portoricaines et haïtiennes, engagement politique, questions liées à l’identité afro-américaine sont ainsi mêlés dans ses toiles. Pas de surprise de ce côté-ci, donc, ce qui nous conduisit à nous arrêter plus longuement sur des créations se faisant l’écho de ses goûts et découvertes musicaux, à l’image de l’hommage à un morceau de Charlie Parker réalisé sur une plaque de bois ronde et noire, comme un LP (Now’s The Time).

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Peruvian Maid
(courtesy The Estate of Jean-Michel Basquiat)

Précisément, ce travail nous fait également réaliser que Basquiat a su opportunément diversifier son support de production, délaissant progressivement toile et châssis pour utiliser palettes, portes usagées ou baguettes en bois. De même, Revised Undiscovered Genius of the Mississippi le vit opérer sur la surface de travail en collant du papier humide sur la toile avant de le creuser avec son doigt. Sa collaboration avec Andy Warhol en 1984 et 1985 l’amena à persévérer dans cette direction, combinant peinture et sculpture, en intégrant des clous, réminiscence de barbelés, ou un bidon en fer, symbole d’une forme d’avilissement vécu par les domestiques (Peruvian Maid). Forte de ces pièces moins emblématiques que ce que l’on peut connaître du New-Yorkais, cette rétrospective réussit malgré tout son pari : retracer la carrière de l’artiste et montrer sa variété.

François Bousquet
le 24/01/2011

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