Mike Vernusky

Music For Film And Electro-Theatre

(Quiet Design / Import)

 date de sortie

02/08/2010

 genre

Electronique

 style

Ambient / Expérimental / Electroacoustique / Musique de film

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Extraits (Flash)

 tags

Ambient / Electroacoustique / Expérimental / Mike Vernusky / Musique de film / Quiet Design

 liens

Quiet Design
Mike Vernusky

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On avait déjà rapidement croisé Mike Vernusky, sur la compilation Spectra : Guitar in the 21st Century aux côtés de Tetuzi Akiyama, Keith Rowe ou encore Cory Allen avec qui l’Américain co-dirige le label Quiet Design. Il s’agissait alors d’avoir un panorama des différents usages qu’il peut être fait de la guitare de nos jours. Le travail de Mike Vernusky est en fait assez éloigné de la six cordes puisqu’il est actif dans le domaine du cinéma et du théâtre avec une musique expérimentale, une ambient imagée composée à partir de sources électroacoustiques.

Music For Film And Electro-Theatre est le deuxième album de Mike Vernusky après Blood That Sees the Light, déjà sorti chez Quiet Design en 2006. Comme son titre le suggère, l’album compile divers travaux réalisés pour le cinéma et le théâtre, mêlant sons ambiants, spoken words issus de scènes jouées, et sonorités/effets électroniques. De part sa forme, la musique de l’Américain est à rapprocher de la musique concrète, avec une mise en scène, des ambiances et une volonté de raconter une histoire qui confère à l’album sa dimension cinématographique. Vernusky travaille avec de nombreux artistes, musiciens, acteurs, dramaturges, maintenant réunis sous le nom d’Electric Wolf, que l’on retrouve sur ce disque, en particulier sur Under My Coat is the Truth et Dallas, deux pièces foncièrement narratives, avec acteurs et voix off afin d’aider à imaginer la scène. Le terme de "cinéma pour l’oreille" n’a jamais aussi bien collé à cette "musique", véritable mise en scène de sons au sein desquels évoluent les acteurs, ambiance de film noir, pluie, piano, bruits de rue et de foule illustrant le témoignage de Clint Hill, célèbre agent secret responsable de la sécurité de John Kennedy lors de son assassinat.

La tonalité générale est sombre, mystérieuse, faisant assez souvent penser à la BO d’un film de science-fiction se déroulant en milieu urbain (Under My Coat is the Truth). Un des choix original de l’artiste est de disséminer sur l’album des pistes qui d’après leur titre devraient former un tout cohérent, comme cet Hidden découpé en trois parties d’une ambient concrète et crépitante, d’abord tourmentée avec ses fréquentes cassures, ses sonorités jouées à l’envers, ses drones et field recordings bucoliques, s’achevant dans des chœurs d’opéras et craquements de vinyles.
Pour autant l’artiste est tout aussi à l’aise sur la longueur comme le prouve Missing avec ses près de 11mn d’une ambient proche du drone, jouant d’oscillations, cassures crépitantes donnant l’impression de franchir une porte, nappes fantomatiques dark-ambient, ballet classique, orchestre féérique et ronronnements grésillants.

Mike Vernusky réussi magnifiquement à marier les genres, se servant du pouvoir évocateur de la musique pour créer une ambient électroacoustique étonnante et subtile.

Fabrice ALLARD
le 08/01/2011

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