Le Vrai Sang

 auteur

Valère Novarina

 metteur en scène

Valère Novarina

 date

du 05/01/2011 au 30/01/2011

 salle

Théâtre de l’Odéon,
Paris

 appréciation
 tags

Théâtre de l’Odéon / Valère Novarina

 liens

Théâtre de l’Odéon

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Avec cette nouvelle création, on reprend langue avec Valère Novarina dont nous n’avions plus de spectacle depuis trois saisons. Tout juste terminé d’écrire, Le Vrai Sang reprend tous les atours traditionnels des pièces du dramaturge suisse : noms farfelus des personnages (La Machine à livrer l’homme, la Femme en Déséquilibre, l’Acteur fuyant autrui, l’Homme hors de lui…), absence de véritable trame narrative, déconstruction de la syntaxe et de la grammaire et, surtout, jeu sur le langage truffé de néologismes. Comme souvent, il est impossible de décrire l’argument d’une pièce qui en est quasiment dépourvue et on se limitera à citer quelques échos à une représentation de Faust que l’auteur a vu enfant, des moqueries un peu faciles des formules politiques type « l’avenir est devant nous », une succession de pas de danse magistralement interprétés par Manuel Le Lièvre ou une caricature à gros traits des « sondologues » sous des airs d’un médecin tiré des comédies molièresques.

Au-delà de ces mentions, l’alternance entre monologues et partitions à plusieurs, entre morceaux chantés, interventions musicales et texte dit permet d’écarter l’habituel sentiment d’une logorrhée verbale un peu vaine que peut distiller l’écriture de Novarina. Au surplus, les comédiens (au sein desquels on apprécia davantage les intervenants masculins que féminines) ne donnent pas l’impression de se livrer à des moments de bravoure récitative tandis que la mise en scène intègre astucieusement décors et accessoires, apportés au fur et à mesure par des « ouvriers », de telle sorte que le plateau est, au diapason du langage, continuellement en mouvement. De même, sons (accordéon, violon, piano) et couleurs (costumes rouge et blanc, peinture de Novarina lui-même en arrière-scène) sont intelligemment utilisés pendant que « sens » et « sang » jouent sur leur homophonie, le second étant présent à plusieurs moments du spectacle (fontaine à jet rouge, tentatives de meurtre…).

Pour autant, demeure la sensation frustrante qu’à peine le plaisir du bon mot ou de la belle association d’idées éprouvé, il s’échappe déjà pour laisser place à un autre. Au reste, l’auteur lui-même ne paraît pas complètement dupe de son écriture et de ses effets, lui qui fait clore sa pièce par « Regardez comme le langage se déchire/Et comme toute chose disparaît une fois dite ».

Autres dates :
- 8 février 2011 : Phénix - Valenciennes
- du 15 au 18 février 2011 : Rose des vents - Villeneuve d’Ascq
- 22 et 23 février 2011 : Trident - Cherbourg
- 17 mars 2011 : Scène nationale Évreux - Louviers
- 24 et 25 mars 2011 : Comédie de Reims
- 29 et 30 mars 2011 : Forum - Meyrin
- du 12 au 16 avril 2011 : TNP - Villeurbanne
- du 19 au 21 avril 2011 : Comédie de Clermont-Ferrand
- du 19 au 21 mai 2011 : Saint-Denis de la Réunion

François Bousquet
le 18/01/2011

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