Unison / Phoebe Jean / Anything Maria

 date du concert

13/01/2011

 salle

Scopitone,
Paris

 tags

Phoebe Jean / Scopitone / Unison

 liens

Phoebe Jean
Scopitone
Unison

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Nous avions été intrigué il y a quelques mois par un remix de Stuntman5 assuré par Unison. C’était donc ce soir l’occasion de voir le duo français sur scène, de découvrir leur propre musique, mais aussi de revenir sur Phoebe Jean, coup de cœur de l’an passé que nous n’avions pas vu depuis quelques temps. À 21h, on se retrouve donc devant le Scopitone, un lieu déjà fréquenté l’an passé dont le style ne collait pas trop à notre conception de ce type de salle de concert...

Il est un peu plus de 20h30 quand Anything Maria prend place afin d’assurer la première partie. On ne connaissait rien de ce projet musical mené par une jeune femme en solo, une bande de maquillage blanc au niveau des yeux, assurant guitare et voix pendant que les machines délivrent une base électronique.
Autant le dire tout de suite, ce n’est pas vraiment le genre de musique que l’on apprécie ici, et on aura un peu de mal à adhérer à une approche qui nous apparaitra d’abord comme très pop et un peu trop classique. La jeune femme aura besoin d’un peu de temps pour prendre ses marques, la tâche étant rendue difficile par un public froid et encore trop peu nombreux. Aussi c’est l’artiste qui prendra les devants, présentant ses chansons et n’hésitant pas à descendre de la scène pour aller chercher le public. Anything Maria est française mais elle chante en anglais, ses boites à rythmes se font à la fois sèches et sautillantes et on remarquera que ça fonctionne un peu mieux sur les quelques chanson up-tempo comme Cook Him Up, peut-être aussi plus adaptées au Scopitone, plus proche du club que de la salle de concert. En fait on aura un peu de mal avec la voix qui a tendance à en faire un peu trop dans le registre groove, mais sur la durée le concert nous apparaitra au final pas désagréable.

Les artistes enchaînent rapidement, et c’est au tour de Phoebe Jean que l’on a déjà vu au Rigoletto, à la Flèche d’Or ou encore la Maroquinerie. On l’a toujours vue accompagnée de Kirikoo Des, et c’était donc la petite surprise du jour que de découvrir la jeune américaine originaire de Baltimore en solo. Assez logiquement, presque tout est séquencé dans les deux machines qui trônent sur un pupitre, des pédales étant vraisemblablement là pour ajuster quelques effets, notamment un delay omniprésent sur la voix.
Nappes synthétiques sombres, rythmique affirmée, et une voix aux intonations souvent plaintives, à mi-chemin entre chant et spoken word hip-hop, qui tend à se noyer dans son propre écho. Et puis après deux titres plutôt nonchalants, les rythmiques s’emballent, les arpèges entêtantes prennent le pas sur les nappes, la musique de Phoebe Jean se fait alors plus dansante et le public commence à s’échauffer.
Un concert assez court (moins de 30mn), mais un bon aperçu du travail de la jeune femme, une synth-pop atypique, un peu bancale, mal assurée mais dont le charme tient aussi de cette potentielle fragilité. Le dernier morceau qui pourrait prétendre au titre de tube donnera d’ailleurs un petit goût de trop peu mais nous auront à coup sûr l’occasion d’y revenir.

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Unison

Il est un peu plus de 23h quand Unison s’installe, soit Julien à la guitare, Mélanie au chant, les machines étant là aussi présentes afin d’assurer une base rythmique. Ayant juste écouté quelques titres sur le MySpace du duo il y a quelques mois, on est tout de suite surpris par leur son, homogène sur l’ensemble du concert, et donc assez caractéristique de leur travail. Les rythmiques électroniques sont souvent proches de ce qui se fait en electronica / IDM, avec une volonté assez claire de faire danser. Sur ces percussions, on a l’impression de ne distinguer qu’un épais magma sonore, comme si la guitare de Julien était passée à la reverb à la manière des Cocteau Twins. Même punition pour la voix de Mélanie, devenue fantomatique, évanescente. La combinaison de ces éléments fonctionne à merveille, composant une électro-pop shoegaze qui nous laisse dans un état étrange, entre énergie dansante et rêverie romantique dont Darkness (en écoute sur leur MySpace) est un sublime représentant. Pour le spectacle, le duo était descendu de scène, jouant au milieu du public dans une espèce de transe, donnant à ce set un petit air de performance.

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Mélanie Moran (Unison)

Complètement conquis par ce concert, on a voulu en savoir un peu plus sur Unison. Le duo a sorti un EP en septembre 2010 (Outside EP, Matte Black Editions) et flirte avec des artistes tels que White Ring ou le label Disaro, fers de lance d’une scène "witch house". Il s’agit là d’un micro-genre que l’on aura tendance à qualifier de post-Fever Ray, caractérisé par ses boites à rythmes rétro, nappes synthétiques et voix déformées. Une niche en somme, peut-être uniquement un feu de paille, mais il faudra certainement compter avec Unison en 2011, avec un premier album à venir chez Lentonia Records, le label qui sortait l’album de Edh l’année dernière.

Vidéo bonus, extrait du concert, filmé par Lentonia.

Fabrice ALLARD
le 17/01/2011

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