Philippe Petit

Off to Titan

(Karl Records / Import)

 date de sortie

17/09/2010

 genre

Classique

 style

Contemporain / Néo-Classique / Electroacoustique / Musique de film

 appréciation

 tags

Contemporain / Electroacoustique / Karl Records / Musique de film / Néo-Classique / Philippe Petit

 liens

Philippe Petit
Karl Records

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On poursuit notre exploration des travaux de Philippe Petit qui aura eu une année 2010 particulièrement productive puisqu’il s’agit là de son cinquième album. Off To Titan s’inscrit dans un cadre un peu particulier puisque cette nouvelle production s’appuie sur la Symphonie nº 1 de Gustav Mahler dont on fêtait les 150 ans en 2010. Cette symphonie également connue sous le nom de Titan se voit ici triturée, recomposée et enrichie d’un theremin grâce à une collaboration avec Kumo peut-être plus connu en tant que Jono Podmore pour ses collaborations avec Irmin Schmidt de Can.

Comme à son habitude, Philippe Petit est aux platines et machines, avec pour matière première la riche instrumentation orchestrale de cette symphonie, débordant de cordes, flûtes et cuivres. Off to Titan se divise en trois mouvements, deux d’entre eux dépassant les 25mn. C’est le cas de la première pièce qui s’ouvre sur de denses bruitages électroniques qui ne laissent rapidement place à l’acoustique. Très vite des flûtes bucoliques semblent flotter, des cordes assurent l’accompagnement, mais l’électronique est toujours présente, subtile, comme une texture proche du grincement. On se situe dans un premier temps autour d’une ambient néo-classique, joliment tourmentée grâce aux apports de l’électronique, un peu mélancolique aussi avant de prendre son envol à grand renfort de cordes pour un résultat particulièrement cinématographique. On ne peut s’empêcher de penser alors à John Williams, avec pour couronner le tout le theremin de Kumo et ses bleeps tout droit sorti d’un R2D2. Si Kumo essaye d’intégrer son jeu à celui des cordes, on remarquera que cela ne fonctionne pas toujours, les ondulations électroniques peinant parfois à intégrer l’orchestre.

Plus concis, le deuxième mouvement laisse plus de place aux cuivres, en particulier sur un final chevaleresque, toujours très cinématographique, avec cette fois des bruitages électroniques à mi-chemin entre des pistolets laser et les portes de Star Trek. Les trois mouvements sont plus ou moins construits selon le même principe, débutant en douceur avant de s’embarquer dans un déluge de cordes. La dernière partie n’échappe pas à la règle mais l’atmosphère y est d’abord plus pesante, violoncelle et percussions évoquant une lente marche. Petit à petit des envolées plus ou moins puissantes se font entendre, frôlant même parfois le grandiloquent avec débauche de cordes et percussions sur un final épique. Fidèle au poste R2D2 est toujours là et semble nous faire ses adieux lorsque quelques bleeps de theremin retentissent.

Cette cinquième production de Philippe Petit est véritablement à part et trouvera certainement un public nouveau. Même s’il ne s’agit pas de la BO d’un film, de par sa tonalité et son traitement Off to Titan peut être considérer comme la bande originale d’un film de science-fiction, à conseiller naturellement aux amateurs de musique classique, et de Mahler en particulier.

Fabrice ALLARD
le 22/01/2011

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