Barbara Morgenstern

Fan No. 2

(Monika Enterprise / La Baleine)

 date de sortie

17/09/2010

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Pop

 appréciation

 tags

Barbara Morgenstern / Expérimental / Monika Enterprise / Pop

 liens

Barbara Morgenstern
Monika Enterprise

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Mis à part le sobrement intitulé BM sorti en 2008, nous avons régulièrement parlé sur ces pages de Barbara Morgenstern, artiste allemande auteur d’une électro-pop expérimentale, au charme singulier, combinaison de vieux claviers et de textes en allemand. Si elle semble faire suite à Fan No. 1 (un EP de remixes sorti en 1999), cette nouvelle production est en fait une compilation qui nous permet de revenir sur 14 ans de carrière. Par contre l’artiste à bel et bien pensé aux fans qui trouveront des raretés sur un deuxième CD.

On appréciera la simplicité de la construction de la compilation, optant pour un classement chronologique qui nous permet de suivre l’évolution de l’artiste et ses explorations au fil des rencontres. Autre point à noter, la volonté de ne pas céder à la facilité du best of, en proposant notamment des versions nouvelles voire surprenantes.
On commence donc en 1998 avec Vermona ET 6-1, premier album qui tirait son titre du modèle d’orgue utilisé par l’Allemande. Une production minimale, épurée, une boite à rythme qui paraîtra kitsch aujourd’hui, un chant doux, tels sont les éléments qui composent Ein Versuch, assez typique des premiers travaux de Barbara Morgenstern. Plus sautillant, Das Wort est ici présenté dans une version rare, sortie sur un obscure label.
Dès 2000, la jeune femme a su s’entourer, avec notamment Stefan Betke (Pole) et Thomas Fehlmann, producteur du tube Der Augenblick présenté ici dans une version longue, absolument parfaite, aux sonorités plus recherchées. L’instrumentation est également plus riche avec guitariste et violoniste sur l’instrumental Eine Verabredung.
En 2003 sort Nichts Muss, certainement le plus gros succès de l’Allemande à ce jour. Deux titres ont été retenus et encore une fois deux approches différentes avec d’une part le chaloupé et nonchalant Aus Heiterem Himmel, et d’autre part la guitare rythmique et syncopée du tube Nichts Muss qui se prolonge sur 8mn.
On zappe Tesri composé en duo avec Robert Lippok (chroniqué sur ces pages) et on arrive en 2006 avec The Grass Is Always Greener. Petite surprise avec The Operator qui est présenté ici dans une version au piano, légèrement rétro, et on note une production plus aérée avec une vraie batterie sur Juist.
BM est donc le dernier album en date et confirme une instrumentation plus riche avec guitare, batterie et violoncelle (assuré par Julia Kent). On y découvre une étonnante collaboration avec Robert Wyatt sur Camouflage et un dernier tube, hymne à Berlin sobrement intitulé Come to Berlin.
On trouve enfin trois titres inédits, datant de 2010. Difficile de dire si cela annonce une nouvelle orientation, mais on devine un retour au tout électronique avec pour commencer une nouvelle version du Mountainplace déjà publié sur une compilation Chicks On Speed Records. Le son est propre, soigné, et Wegbereiter est une belle réussite alliant minimalisme et danse. Le bouquet final, c’est le Blackbird des Beatles dans une version purement électronique, sautillante, à mille lieues de l’original, parfaitement maîtrisé, terriblement efficace, voire dansante.

Le second CD nous ramène en 1997 avec 10 titres tirés d’une cassette (Enter the Partyzone) et d’un mini-album (Plastikreport). Ce bonus nous permet donc de retrouver l’essence même du travail de Barbara Morgenstern avec une production allégée et une approche plus brute. On trouve en général des boites à rythmes un peu kitschs et des mélodies d’orgues minimalistes et virevoltantes (Die Liebe), proche de la musique de jeu vidéo sur un Ein Fixpunkt mené à toute berzingue. Parfois une batterie vient en renfort (Am Rand), brute et martelée sur un orgue débridé (Im Wiederhall), mais on préfèrera le chant joliment posé et la douceur d’un Der Morgentau ou encore la western pop de Über uns liegt ein Traum que l’on a l’impression de déjà connaître, chose pourtant improbable.

C’est là toute la force de Barbara Morgenstern, de louvoyer entre le tube pop parfait et des expérimentations en grande partie basée sur une instrumentation inhabituelle. Une compilation, des raretés, ce Fan No.2 fera à la fois le bonheur des fans et des curieux qui ne connaitraient pas encore le travail de cette artiste.

Fabrice ALLARD
le 28/01/2011

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