Hildur Guðnadóttir

Mount A

(Touch / La Baleine)

 date de sortie

04/09/2010

 genre

Classique

 style

Néo-Classique

 appréciation

 écouter

In Gray (complet, Flash)

 tags

Hildur Guðnadóttir / Néo-Classique / Touch

 liens

Touch
Hildur Guðnadóttir

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En 2006, Hildur Guðnadóttir sortait Mount A son premier album sur le label islandais 12 Tónar, en tant que Lost in Hildurness. Aujourd’hui la jeune femme abandonne le pseudo au profit de son vrai nom et cet album est réédité par Touch ce qui permettra certainement à de nombreux fans de découvrir les premiers travaux de l’Islandaise, également croisée aux côtés de Ilpo Väisänen et Dirk Dresselhaus en tant que Angel.

Ceux qui connaissent déjà la musique d’Hildur Guðnadóttir et qui ont apprécié son brumeux Without Sinking ne seront pas dépaysé à l’écoute de Mount A. Si quelques amis étaient venus prêter main forte sur le précédent album, la jeune femme est ici en solo, alternant entre violoncelle et viole de gambe, tout en introduisant régulièrement de nouveaux instruments, cithare, piano, vibraphone et gamelan, laissant même transparaître sa voix sur Floods, comme un chœur venant doubler le jeu du violoncelle.
L’ambiance a guère changé. Peut-être l’instrument est en grande partie responsable de la tonalité générale, brumeuse, voire sombre, y compris sur Light qui ouvre l’album sur un amoncellement de strates lancinantes, parfois proches du drone.

Suivant l’humeur, le jeu se fait tour à tour doux, feutré, ou puissant, appuyant alors le propos. Une douceur abstraite faite de nappes et glissements sur Casting qui nous fait penser à une mer ondulante et potentiellement menaçante, et un ton plus feutré sur le répétitif et prenant Reflection qui semble baigné de souffles et résonances métalliques.
D’un autre côté, un jeu à la fois plus nerveux et plus clair, laissant apparaitre des mélodies plus franches et souvent très répétitives. C’est le cas par exemple de My ou encore le superbe et entêtant Shadowed, franchement minimalistes mais qui restent tout deux contenus dans le temps. Sur Floods ou Growth, on sent l’archet appuyer les cordes avec force, le violoncelle se faisant alors grondant et ajoutant à la gravité de la pièce.

L’apport de nouveaux instruments permet de changer un peu le ton ou d’enrichir le jeu de la musicienne. On appréciera tout particulièrement la discrétion d’un fin égrenage de cordes sur Casting qui nous fera penser à une harpe, mais c’est généralement un jeu d’alternance qui est proposé. Cithare solo par exemple en ouverture de Self qui laisse progressivement la place au violoncelle pour revenir en duo, joli doublé violoncelle/vibraphone sur In Gray, et lent abandon de la cithare au fil des 10mn de You pour laisser le violoncelle conclure l’album dans une ambient soyeuse.

Un bel album, dans la lignée de Without Sinking. Les fans de la demoiselle ne seront pas déçus, mais il y aura cette fois l’effet de surprise en moins.

Fabrice ALLARD
le 30/01/2011

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