Benfay

Hey, What’s Wrong Baby !

(Everest Records / Import)

 date de sortie

03/09/2010

 genre

Electronique

 style

IDM / Minimal / Néo-Classique

 appréciation

 écouter

14 titres complets (Flash)

 tags

Benfay / Everest Records / IDM / Minimal / Néo-Classique

 liens

Benfay
Everest Records

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Benfay, de son vrai nom Benjamin Fay, est un artiste suisse, basé à Bern, producteur de musique électronique depuis une dizaine d’années, avec une discographie que l’on trouve en grande partie sur le label allemand Thinner. Des maxis globalement très orientés tech-house, des albums explorant des territoires un peu moins dansants, plus abstraits, mais aussi à la croisée des genres comme nous allons le voir ici. Si le nom de Benfay nous était jusque là inconnu, cet album est l’occasion de revenir sur Liebeslied, un EP d’électro-ambient expérimentale qu’il sortait en 2006 chez EKO, la division netlabel de SEM, bien connu de ces pages.

Sur ce quatrième album solo, Benjamin Fay s’est amusé au jeu du bilan musical, rassemblant toute sorte d’influences sur un même dissque qui bénéficie du coup d’un éclectisme rare et de croisements inattendus, quitte à laisser parfois l’auditeur sur le bas côté. On se demandera même si on devait parler de ce disque sur ces pages à l’écoute du Obey qui ouvre l’album avec des mélodies de trompettes sur un tempo proche du trip-hop. On passe ensuite aux cassures électro de No Thought, des relances de batterie et des chœurs/vocalises d’opéra qui ne feront qu’accentuer notre méfiance. On commencera à baisser la garde avec Rocopon 8008 qui nous donnera même envie de taper du pied avec sa rythmique minimale, son joli jeu de synthés tournoyants et piano syncopé. Et puis c’est avec Nice Biscuits que l’on sera complètement convaincu, mêlant ici mélodie de violoncelle et rythmique cliquetante.

À partir de là, on aura compris le principe et on acceptera alors de se laisser perdre dans ce kaléidoscope sonore et temporel. Véritable trip prog-rock avec les synthés tournoyants de Trains express, ambiance plus douce et nostalgique sur Submit dont on devine des bruitages de synthés rétros (mer, claps), étrange combinaison de clarinette et basses électroniques abruptes sur Control data corporation, cordes néoclassiques mélancoliques et nappes électroniques grésillantes sur Oechs 93548, pour revenir en fin d’album à une electronica fracturée, hachée, intégrant toujours des composants acoustiques, piano sur Nexen 80R13 ou cordes sur le minimaliste Fischer 2550.
Disponible en vinyle uniquement (ou téléchargement), l’heureux possesseur de cet album sera invité à télécharger trois titres supplémentaires afin de parfaire le voyage. Pas de redite sur ces trois pistes bonus qu’il aurait été dommage de laisser de côté. On se fera surprendre par la relative abstraction des basses de Portland 6760, une ambiance légère et ludique au gré des synthés répétitifs de Marry and Reproduce, tandis que l’on aura l’impression d’avoir déjà croisé les guitares voluptueuses de Weightless peut-être chez Michael Brook à moins qu’elles ne nous rappellent la BO d’un film...

Un disque surprenant de richesse, aux contours arrondis, chaleureux, parfait pour l’hiver.

Fabrice ALLARD
le 13/02/2011