Rehab

 date

du 27/10/2010 au 06/03/2011

 salle

Espace Fondation EDF,
Paris

 appréciation
 tags

Douglas White / Espace Fondation EDF / Eva Jospin / Gitte Schäfer / Gordon Matta-Clark / Gyan Panchal / Mario D’Souza

 liens

Espace Fondation EDF

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Depuis au moins les ready-made duchampiens, la réutilisation d’objets ou de matières dans le champ artistique est un geste récurrent. Afin de faire le point sur cette pratique, Bénédicte Ramade propose, sur les trois niveaux de l’Espace Fondation EDF, une exposition judicieusement intitulée Rehab. La prolongation de deux semaines de la manifestation témoigne de son succès, dont on ne peut que se réjouir même s’il conduit, d’une part, à drainer un public un peu trop nombreux et pas forcément très au fait de la création contemporaine et, d’autre part, à voir se multiplier les panonceaux « merci de ne pas toucher » ou « merci de ne pas traverser l’installation ».

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Steve Lyons - Loch Ness
(courtesy de l’artiste)

Sur le plan purement artistique, plusieurs créateurs effectuent un travail sur la perspective et le relief, à l’image des livres d’écoles déchirés de Pauline Bastard, des magnifiques anamorphoses de Steve Lyons (ou comment recréer en 3D une image vidéo) du jeu sur la profondeur de la photographie de Marjan Teeuwen ou de la forêt qu’Eva Jospin confectionne à base de cartons d’emballage.

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Ian Pedigo - In Their Errant Locations
(courtesy Galerie Carlos Gardenas)

Précisément, cette volonté d’utiliser des déchets ou rebuts pour en faire des œuvres se retrouve évidemment chez d’autres plasticiens, qui n’hésitent pas, en outre, à assembler des matériaux apparemment opposés. Ian Pedigo associe ainsi ballon de gymnastique, couverture de survie et cailloux (In Their Errant Locations), Gyan Panchal dispose un peu de poudre de curcuma au fond d’un cône fait d’emballage de toner, Mario D’Souza remplit le squelette d’une chaise d’école en fer d’un grand rectangle de mousse et Gitte Schäfer joint divers objets (abat-jour, balustrades, chopes de bières, pieds de guéridons, lampes, bulbes de verre) pour fabriquer des sculptures entre totem et narguilés géants.

Cette recherche d’une seconde vie d’ustensiles usagés s’avère nettement plus probante que la simple récupération de déchets qu’on trouve chez Romain Pellas (une étagère ou une sculpture en pile faite de bouts de bois) et Tue Greenfort (résultat de la fonte de 17 bouteilles en plastique) ou de la « glorification » des éboueurs dont attestent les vidéos de Damien Berthier et Mierle Laderman Ukeles.

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Lucie Chaumont - Empreinte écologique
(courtesy Galerie Eva Hober)

Enfin, on pouvait difficilement échapper à la dimension symbolique des objets qui nous entourent. Gordon Matta-Clark s’en fait l’écho lorsqu’il détruit sa voiture à coups de bulldozer (Fresh Kill) de même que Lucie Chaumont quand elle expose des moulages blancs d’emballages (Empreinte écologique) et Christian Gonzenbach au moment où il dépèce pièces d’électroménager (téléviseur, télécommande, téléphone) pour les présenter façon peaux de bêtes. Ces créations composent alors autant de portraits de vies dominées en apparence par un matériel qui peut néanmoins très vite se muter en animal ou végétal (comme le palmier de Douglas White n’est en réalité constitué que de morceaux de pneus).

François Bousquet
le 26/02/2011

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