Boduf Songs / Cam Deas

 date du concert

02/03/2011

 salle

Espace B,
Paris

 tags

Boduf Songs / Espace B / La Chaise

 liens

Espace B
La Chaise
Boduf Songs

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Nous n’avons jamais évoqué dans ces pages Boduf Songs, bien que l’artiste ait déjà publié quatre albums sur Kranky. De fait, le premier long-format de l’Anglais se perdait dans une esthétique lo-fi guitare-voix enregistrée sur un quatre-pistes ; par la suite, le propos se fit de plus en plus convaincant, creusant notamment une veine plus sombre. Une tournée européenne de trois semaines allait permettre de mesurer le chemin parcouru avec, pour la date parisienne organisée par La Chaise, nouvelle structure lancée à l’automne dernier et principalement attirée par des artistes « à guitare », une première partie assurée par Cam Deas.

Également britannique, ce musicien, assis derrière sa guitare acoustique douze-cordes, nous livra une de ces prestations instrumentales entre improvisations et exercices de style. Dans un premier temps, on fut assez séduit par un travail de la main gauche fait de hammer-on, pull-ups et jeu sur les harmoniques, tandis que la main droite se limitait à frotter un bottleneck sur les cordes. Mais, au bout de quelques minutes, cela tourna à la démonstration de force quand les doigts de la main droite se munirent d’onglets, comme s’il s’agissait pour Cam Deas de prouver qu’il pouvait jouer extrêmement rapidement et frotter énergiquement son instrument.

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Boduf Songs

Un peu après 22h, Boduf Songs prit place et Mat Sweet se trouvait pour l’occasion entouré de son épouse Jessica à la basse et de Clive Henry à la batterie. Devant un public judicieusement assis, le trio enchaîna des morceaux assez courts dans lesquels cette noirceur relevée sur les récents disques de l’artiste se trouva en première ligne : voix feutrée, ambiance plombée, basse au jeu tout en discrétion et batterie (limitée à un tom basse, caisse claire et cymbale) frappée de manière presqu’imperceptible par des mailloches. Si l’alliage tint par sa cohérence, on put cependant regretter une forme d’homogénéité un peu monotone de l’ensemble, hormis quelques morceaux vers la fin du concert dans lesquels la guitare de Mat se teinta de saturation. De même, la posture pariant sur la discrétion des compositions et la non-mise en avant de tel ou tel élément s’avéra probante en termes d’humilité, mais conduisit certains spectateurs à quitter la salle déplorant le caractère rébarbatif, voire amorphe, du set. Pour notre part, nous préférâmes nous raccrocher aux voix mêlées de Mat et Jessica, aux passages dans lesquels les trois instruments jouaient de concert en mettant sur le compte d’une appréhension palpable (c’était la première date du trio) les faiblesses stigmatisées précédemment et la grande réserve des musiciens.

François Bousquet
le 04/03/2011