Stephan Mathieu / Our Love Will Destroy The World

 date du concert

04/03/2011

 salle

Les Voûtes,
Paris

 tags

Ali_Fib / Birchville Cat Motel / Les Voûtes / Our Love Will Destroy The World / Stephan Mathieu

 liens

Stephan Mathieu
Birchville Cat Motel
Les Voûtes
Ali_Fib
Our Love Will Destroy The World

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Après Philip Jeck la veille, Stephan Mathieu ce soir aux Voûtes, autant dire que l’on est gâté en ce début de mois de mars. N’ayant pu assister l’an dernier à son concert en duo avec Akira Rabelais dans le cadre de Présences Électronique (concert relaté sur ces pages par un autre rédacteur), cela fait près de neuf ans que l’on n’avait pas vu l’Allemand sur scène. C’est une affiche étonnante que nous avait concocté Ali_Fib ce soir puisque Stephan Mathieu partageait la scène avec Campbell Kneale sous son nouveau projet, Our Love Will Destroy The World, faisant suite à Birchville Cat Motel.

Considérant cette soirée comme un véritable événement, on prévoyait d’arriver à 20h30 pour un concert annoncé à 21h. Comme souvent, on se désole de constater que ce que l’on considère comme "événement" et "à ne pas manquer" n’attire pas les foules. À moins que ce ne soit le public qui soit habitué à arriver une heure plus tard... Toujours est-il que c’est vers 22h que Stephan Mathieu ouvre la soirée.

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Stephan Mathieu

L’Allemand est installé en contrebas de la scène. Une table sur laquelle on trouve un laptop, un vieux poste radio, mais surtout un Phonoharp/Columbia, ressemblant à un instrument à cordes frappées type santour ou yangqin sur lequel reposait 5 ou 6 e-bows. Alors que la musique pop-rock qui était diffusée avant les concerts cesse, on devine à peine une onde sonore, continue et lancinante, et quelques voix qui semblent provenir de la radio, nous donnant alors l’impression que l’Allemand va nous présenter son Radioland. Petit à petit les fréquences s’additionnent, le son prend de l’ampleur, fusionnant drone linéaire et tonalités oscillantes. A posteriori il est amusant de comparer le jeu de Stephan Mathieu, très appliqué, déplaçant délicatement les e-bows sur les cordes, donnant de légers coups contre le corps de son instrument, et celui plus brut et freestyle du néo-zélandais à venir.
Pourtant on s’étonnera de la cohérence de la soirée. Ne cessant de se développer, les drones et nappes de Stephan Mathieu finissent par devenir épais, puissants, voire bruitistes, mais avec toujours une linéarité implacable qui confère à cette musique une sensation d’infini mais de puissance aussi, telle un rouleau compresseur qui viendrait tout écraser.
Un très beau set, on regrettera peut-être juste le manque d’un petit plus, de l’effet de surprise qui rend un concert véritablement mémorable, mais on se consolera au stand disques.

Et puis pour l’effet de surprise, on avait Our Love Will Destroy The World que l’on ne connaissait pas, ni sous ce nom, ni en tant que Birchville Cat Motel dont d’autres rédacteurs plus avisés ont déjà parlé sur ces pages. Première surprise, la configuration de la scène. Au centre, l’ampli, gros bloc sombre qui nous fait penser à un totem. Devant, une valise remplie de machines, a priori tout l’attirail permettant de générer, sampler, boucler et appliquer des effets. À côté, une guitare posée à même le sol.

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Our Love Will Destroy The World

Le Néo-Zélandais prend place derrière sa valise et c’est parti pour un flot ininterrompu de rythmiques débridées, bribes bruitistes et rapides boucles tonales. Il faudra s’accrocher pour apprécier l’évolution du set de Campbell Kneale tellement sa musique est dense et composée d’un emberlificotage de sonorités hétéroclites. On appréciera juste le fait de trouver, comme par hasard, quelques phrases mélodiques perdues dans le bruit, mais la musique pourra paraître secondaire au regard du spectacle que donne le néo-zélandais sur scène. Dès le début de son set le voici comme en transe, se tordant au gré des circonvolutions de sa musique, s’emparant ensuite de sa guitare et grattant quelques cordes selon le bon vouloir de sa danse chamanique.
Et puis au bout d’une petite demi-heure, le tempo semble se calmer, la musique devient plus linéaire et forme un épais ronronnement bruitiste qui s’éclaircit lentement, finit par s’éteindre, ne laissant qu’un chant chorale de toute beauté. Quand celui-ci s’efface à son tour, c’est le Néo-Zélandais qui seul, a cappella, lance ses derniers cris. Une expérience sonore et visuelle, une très belle soirée.

Fabrice ALLARD
le 06/03/2011

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