Les Grandes Personnes

 auteur

Marie NDiaye

 metteur en scène

Christophe Perton

 date

du 04/03/2011 au 03/04/2011

 salle

Théâtre de la Colline,
Paris

 appréciation
 tags

Marie NDiaye / Théâtre de la Colline

 liens

Théâtre de la Colline

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À côté de ses romans, Marie NDiaye publie également, depuis une dizaine d’années, des pièces de théâtre et a déjà connu l’honneur d’entrer au répertoire de la Comédie Française (Papa doit manger en 2003). Cette fois-ci, c’est à la Colline que la dramaturge est accueillie avec cette pièce qui vient d’être terminée et s’attache à deux couples d’amis de trente ans : les premiers ont vu leur fille se suicider il y a dix-sept ans et leur fils adoptif quitter rapidement le domicile parental, tandis que les seconds sont particulièrement fiers de la réussite de leur garçon, devenu maître d’école. Par delà ces postulats de départ, bien des tourments se cachent puisque la disparue apparaît à ses parents en fantôme, le fils adoptif perçoit dans sa poitrine les cris de ses parents biologiques et l’instituteur a commis des actes pédophiles.

Sans avoir jamais rien lu de Marie NDiaye, on sait, compte tenu de ce triple argument, retrouver ici plusieurs de ses thématiques fétiches : culpabilité, dimension fantastico-sorcière, voire vaudou et secrets de famille. Précisément, Les Grandes Personnes veut aller au-delà de la relation de faits divers pour embrasser des problématiques plus sociétales comme les différences de classe entre les deux couples d’amis ou les rapports entre parents et enfants. Cependant, le texte s’égare vite dans un systématisme appuyé par un ballet incessant, et un peu gratuit à force de réitération, des frises (ces rideaux de faible hauteur et couvrant toute la largeur du plateau). Destinés à figurer le changement de scène ou à permettre aux comédiens et accessoiristes de manœuvrer, ces procédés viennent en réalité rompre la continuité du spectacle.

Dans sa volonté de ne pas juger ses héros (et notamment le maître d’école), Marie NDiaye a instauré une savante distanciation, relayée par des parents qui refusent d’écouter la confession de leur fils et par des personnages qui parlent régulièrement d’eux à la troisième personne. Néanmoins, dès les premières minutes, l’instituteur se trouve chargé par la mise en scène de Christophe Perton avec sa tenue régressivo-geek (chaussettes blanches dans chaussures de ville, costume en velours marron, mèche sur le côté plaquée au gel) et son refus ostensible de passer à l’âge adulte (donnant du « Papa », « Maman » à tour de répliques, appelant les adultes « les grandes personnes », annonçant dans la scène inaugurale de dîner chez les amis qu’il veut « rentrer à la maison »).

Sur un plateau où trois lieux sont mélangés (intérieur bourgeois avec canapé en skaï, cuisine prolétaire en formica vert anis et salle de classe), les comédiens tentent alors de se dépêtrer d’un texte et d’une mise en scène trop démonstratifs. Entre explications appuyées du premier et facilités irritantes de la seconde (cette scène dans laquelle le maître d’école ôte pantalon et sous-vêtement au milieu de sa classe), le spectacle finit par passer sans retenir outre mesure l’attention.

Autres dates :
- 8 et 9 avril 2011 : Comédie de Genève
- du 12 au 21 avril 2011 : Théâtre de Nice

François Bousquet
le 14/03/2011

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