Knockin’ On Heaven’s Door

 chorégraphe

Pascal Rambert

 date

16/03/2011 et 17/03/2011

 salle

Centre Culturel Suisse,
Paris

 appréciation
 tags

Centre Culturel Suisse / Pascal Rambert

 liens

Centre Culturel Suisse

 dans la même rubrique
05/08/2016 et 06/08/2016
Beats
(Square des Amandiers)
01/08/2016
Bataille
(Parc de la Butte du Chapeau Rouge)
15/04/2016
L’Homme aux Cent Yeux (La Grande Revue)
(Le Plateau / FRAC Île-de-France)
03/02/2016 et 04/02/2016
La Chaise Humaine
(Auditorium St Germain des Prés)

En marge de l’excellente exposition Echoes, sur laquelle nous reviendrons bientôt et qui s’attache aux liens entre arts plastiques et musique, le Centre culturel suisse a élaboré une programmation tournant précisément autour de la musique. Pour l’aspect spectacle vivant, Pascal Rambert nous livre sa nouvelle création dont on imagine bien, dès le titre, qu’elle tournera autour de la chanson de Bob Dylan et de ses multiples reprises (Avril Lavigne et Guns N’Roses ici).

De fait, Tamara Bacci, seule en scène va se mouvoir pendant que trois versions de Knockin’ On Heaven’s Door sont jouées, avec une progression dans les supports de diffusion : émanant en direct du laptop de la danseuse tout d’abord, amplifiée par des petites enceintes branchées sur l’ordinateur ensuite, propagée par deux gros amplis Marshall installés en fond de scène enfin. Ce crescendo accompagne naturellement la chorégraphie qui a trait aussi bien à la distance par rapport à son propre travail qu’au processus de recréation. Distance quand la danseuse, après avoir exécuté son solo, le décrit oralement, en le décomposant avec précision ; distance encore lorsqu’elle prête une attention certaine au regard de l’autre, par la figure du chorégraphe lui-même dont l’image apparaît sur l’écran du laptop ; recréation quand elle accélère sa série de gestes et la réinterprète sans cesse, en écho aux multiples reprises de la chanson qui sont diffusées.

D’une grande maîtrise technique, le solo joue sur la rotation des buste et bassin, sur les croisements des bras et des jambes et sur la souplesse de l’ensemble, jusqu’à conduire la jeune femme à enrouler, façon accouplement, une Fender mise sur trépied. Puisqu’il s’agissait de s’installer dans une thématique musicale, la présence physique d’un instrument était effectivement nécessaire et permet, en outre, d’accentuer le jeu sur le noir et blanc du spectacle : noir des deux premières tenues de Tamara Bacci, de son laptop, des amplis et de la guitare, blanc du plateau, des dix néons qui l’éclairent puissamment et de la dernière tenue de la danseuse.

Comme très souvent chez Pascal Rambert, au-delà de l’aspect visuel et esthétique, une réflexion sur l’époque point en creux de ses spectacles. Ici, ce ne sont pas forcément des considérations politiques qui sont convoquées, mais plutôt des signes distinctifs d’une certaine modernité technologique : iPhone, ordinateur portable, webcam, conversation via Skype, micro HF branché sur la guitare, mini-enceintes reliées au laptop. Soulignant l’importance qu’ont prise ces ustensiles dans notre quotidien, cette démarche nourrit notre réflexion tandis que nous étions captivés par la performance de Tamara Bacci.

Autres dates :
- du 25 au 31 mars 2011 : Théâtre de Gennevilliers

François Bousquet
le 21/03/2011

À lire également

du 10/10/2009 au 13/12/2009
Silvie Defraoui : Sombras
(Centre Culturel Suisse)
du 25/04/2014 au 13/07/2014
Adrien Missika : Amexica
(Centre Culturel Suisse)
du 18/09/2010 au 12/12/2010
Gerda Steiner et Jörg (...)
(Centre Culturel Suisse)
du 14/2/2009 au 19/4/2009
Andres Luts & Anders
(Centre Culturel Suisse)