Présences Electronique 2011 - Chris Watson

 date du concert

25/03/2011

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Chris Watson / Festival Présences Electronique 2011 / INA / GRM / Le 104

 liens

Chris Watson
INA / GRM
Le 104
Festival Présences Electronique 2011

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Comme chaque année, le rendez-vous était pris pour cette nouvelle édition du festival Présences Électronique avec des habitués (Z’EV, Phonophani ou Chris Watson justement) mais bien sûr de nouvelles têtes aussi. Une édition plutôt attrayante sur le papier, au point de nous donner envie d’assister à l’intégralité des concerts. Cet article est donc le premier d’une série de six articles couvrant l’ensemble du festival.
Pour la 3ème année consécutive, Présences Electronique se déroulait au 104, avec un petit changement d’organisation sur cette nouvelle édition. En effet les concerts de 16h et 18h se déroulaient dans la salle 400 qui accueillait auparavant les soirées de 20h, tandis que celles-ci se voyaient déportées dans la Nef Curial. Une drôle d’idée sur laquelle nous reviendront dans notre prochain article.

Rendez-vous était pris à 18h en ce vendredi pour le premier concert du festival. L’occasion de retrouver Chris Watson, l’ex-Cabaret Voltaire qui a fait du field recording un art.
La configuration de la salle 400 a entièrement été revue pour ces concerts, véritablement axés sur la diffusion spatialisée, ou la projection sonore pour reprendre le terme consacré. L’artiste se produisait donc à la console située au centre de la salle, les spectateurs étant alors placés autour du dispositif sonore.

Le concert venait de commencer quand on entrait dans la salle, nous voyant alors accueilli par un "dernier rappel pour le train fantôme". C’est ainsi que débutait le concert de Chris Watson, plongeant l’auditeur, déjà dans l’obscurité, dans l’ambiance d’un manège à sensations. Sensation, c’est bien le terme approprié pour parler de la musique de l’Anglais, à mi-chemin entre documentaire et voyage sonore ou cinéma pour l’oreille (clin d’oeil à la série de CD édités par Metamkine). Chris Watson joue donc sur les deux tableaux avec dans un premier temps une impression de fiction via une introduction donnant l’impression de prendre le train pour un voyage sonore. On notera ici un joli travail rythmique basé sur le claquement des roues contre les rails.
Une fois arrivé à destination, on se situera dans le pur documentaire, l’artiste se "contentant", comme à son habitude, de distiller ses field recordings. Nous voici donc transporté au Mexique, avec une voix nous faisant l’effet d’un guide touristique, donnant des explications sur le site que l’on va visiter et donc des indices sur les sons que l’on est amené à écouter. On arrive dans le désert avec ses cris de vautours, on longe des canyons en traversant des villages, ponctuant la pièce de bruits de basse-cours, puis l’auditeur semble être projeté dans une carrière avec ses va-et-vient incessants de camions.

Si les enregistrements sont beaux et parfaitement mis en valeur avec la spatialisation, s’ils trouvent leur équilibre entre ambiances urbaines et rurales, l’exercice trouvait ses limites dans cette voix ponctuant systématiquement l’arrivée dans un nouveau lieu. On se serait très bien passé de savoir qu’une partie du film Le masque de Zorro a été tournée à Durango, transformant le set de Chris Watson en un Lonely Planet sonore. Un concert globalement plaisant, à l’image de ce que l’on était en droit d’attendre de l’anglais, mais celui-ci a semble-t-il voulu en faire un peu plus, ce qui n’était pas indispensable.

Fabrice ALLARD
le 29/03/2011

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