Présences Electronique 2011 - Roger Cochini / Wilfried Wendling / John Wall / Biosphere

 date du concert

25/03/2011

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Biosphere / Festival Présences Electronique 2011 / INA / GRM / John Wall / Le 104

 liens

Biosphere
INA / GRM
Le 104
Festival Présences Electronique 2011

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Il s’agissait donc ici des premiers concerts à se dérouler dans la Nef Curial, un large espace au sein d’une galerie faite de béton et métal. La "salle" était simplement délimitée par de grands rideaux noirs, laissant de part et d’autre une allée afin de laisser passer les visiteurs. Une salle de concert temporaire donc, cherchant une ouverture sur l’extérieur, ce qui est finalement assez révélateur de la tentative de renaissance du 104.

Les concerts débutent avec Roger Cochini, un ancien membre du GRM comme la plupart des artistes qui ouvrent les soirées du festival, puis du GMEB (Groupe de Musique Expérimentale de Bourges). Son travail est plutôt récent et très électronique, ce que l’on a tendance à trouver plus facile d’accès que les œuvres électroacoustiques, avec ici un bel assemblage de glissements et gargouillis se révélant parfois ludique malgré l’absence de mélodie. Malheureusement on sera rapidement confronté à la configuration de la salle puisque ce sont des bruits de pas que l’on entend, des pas qui ne proviennent pas des multiples enceintes de l’acousmonium, mais bien de l’une des allées qui longent la salle. On trouvera alors inadmissible que ce type de musique, diffusée à un volume sonore raisonnable, ait à subir ce type de nuisances.
On essayera donc d’en faire abstraction et de se concentrer sur la musique. Celle-ci fait preuve d’une finesse et d’une douceur appréciable, l’artiste amenant chaque sonorité très progressivement, utilisant de fins sifflements et de subtiles nappes aux textures minérales. Un travail que l’on peut assez facilement rapprocher d’une ambient moderne expérimentale et se détachant au final aisément d’un certain académisme dont font preuve de nombreux artistes estampillés GRM.

Changement de registre ensuite avec Wilfried Wendling, dont le travail intègre une certaine théâtralité. Elle sera ce soir relativement limité. Le musicien est debout, sur la gauche de la scène, au milieu d’un faisceau lumineux, une sorte de tablette tactile dans les mains. Il diffuse à se moment une sorte d’ambient texturée, de drones légèrement grésillants, ponctués de réflexions liées à la musique en forme d’hommage puisqu’elles sont tirées de John Cage, Pierre Schaeffer ou Yannis Xénakis.
L’artiste progresse lentement sur scène, toujours suivi par le faisceau lumineux, jusqu’à atteindre son pupitre sur lequel se trouve un laptop. À partir de ce moment, l’ambient qui prenait petit à petit une certaine ampleur devient franchement bruitiste, mêlant déflagration de basses, souffles et mitraillages de bruit blanc, tandis que les projections deviennent abstraites, créant une sorte de nuages de figures mathémathiques.
Au bout de 6-7mn d’expérimentations bruitistes, brusque cassure au profit d’un retour ambient, abstrait, semblant mêler field recordings et fins bruitages électroniques, souffles et petits frétillements. Finalement une bonne surprise, parenthèse bruitiste et puissante entre deux séquences ambient.

On enchaine avec une nouvelle découverte, l’Anglais John John Wall, un artiste autodidacte qui s’est mis à la musique assez tard (40 ans) mais qui est aussi l’un des précurseurs de l’électronique improvisée. La musique de l’Anglais est nettement plus abrupte, celui-ci s’appuyant sur des micro fragments sonores qu’il assemble sous forme de sculpture abstraite.
Bruitages électroniques arides, entre chuintements métalliques, tournoiements numériques, vrombissements d’infra-basses, bleeps grésillants et froissements scintillants sont au programme. Chaque sonorité est donc brève et les articulations se font complexes, donnant souvent l’impression d’un collage abscons, mais qui sur la longueur semble être régit selon certaines règles.
On en sortira tout de même de ce set d’une quinzaine de minutes avec un sentiment mitigé, sans aucune progression, se terminant comme il avait commencé.

Pour notre plus grand plaisir, c’est Biosphere qui avait la charge de remplacer Otomo Yoshihide, ce dernier ayant annulé sa venue suite aux tragiques événements survenus au Japon ces dernières semaines. Assez régulièrement, les concerts du Norvégien ressemblent à des compilations offrant un panorama complet de ses productions, ne laissant finalement que peu de place aux surprises. On se demandait bien ce qu’il allait nous proposer dans le cadre de ce festival, propice aux créations, tout en gardant à l’esprit qu’il assurait ici un remplacement au pied levé.
Nous avons eu la chance d’assister ce soir à un travail plutôt inhabituel de la part de Biosphere, ce qui fut donc une excellente surprise. On est d’abord en terrain connu avec des nappes ambient assez typiques de son travail, puis il nous proposera un jeu de percussions acoustiques, répétitives, comme un écho incessant, minimaliste, toujours habillées de quelques nappes au second plan. Plus tard il délivre une ambient minimale, seulement ponctuée de quelques douces tonalités, quelques voix avant de conclure par des field recordings.
Un très beau set en guise de conclusion à cette première soirée, peut-être un peu moins construit sur la fin.

Fabrice ALLARD
le 01/04/2011

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