Ambient Sunday #2 : Peter Broderick

 date du concert

27/03/2011

 salle

Gaîté Lyrique,
Paris

 tags

Gaîté Lyrique / Peter Broderick

 liens

Gaîté Lyrique
Peter Broderick

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Puisqu’il s’agissait de notre première venue à la Gaîté Lyrique depuis sa réouverture, quelques mots liminaires pour évoquer ce lieu. Mêlant harmonieusement héritage du XIXe siècle (la façade et toutes les salles donnant sur la rue, avec leurs grands lustres et boiseries) et dimension plus contemporaine (éclairage au néon ou par des LED, sol gris, cubes de lumière faisant aussi office de bancs, éléments techniques apparents au plafond), le bâtiment se trouve divisé en plusieurs espaces entre lesquels la circulation s’opère sans difficulté. Le principe des ilots (de lecture, d’écoute, de consultation ou de travail) permet d’assurer confort du visiteur et isolation visuelle et phonique, le tout dans des formes rectangulaires aux angles arrondis qui rappellent un peu le Forum des Images rénové. Si le mariage des couleurs n’est pas forcément des plus heureux (gris, orange et fuchsia), les espaces sont suffisamment différents et bien identifiés (salle avec jeux vidéo en libre accès, Centre de ressources, espaces d’exposition, salles de concert) pour drainer un large public, a fortiori pour un équipement situé en plein centre de Paris.

Artistiquement parlant, l’idée est de fonctionner en sessions thématiques (comme au Palais de Tokyo, par exemple) avec exposition, conférences et films tournant autour d’un même sujet. En parallèle, plusieurs soirées de concert sont programmées, balayant un large spectre des « musiques indépendantes », ainsi que des « Ambient Sunday », opportunément organisés le dimanche à 15h, favorisant ainsi la venue d’un public nombreux et plus familial. Et, de fait, une centaine de personnes (dont une dizaine d’enfants) avaient fait le déplacement pour voir Peter Broderick se produire dans le foyer historique, lieu de passage du deuxième étage entre le bar et le vestiaire.

Alternant morceaux au piano et titres à la guitare et au violon, instrumentaux et pièces chantées, l’Étatsunien put piocher dans toute sa palette discographique, traversant chacune de ses interventions d’une grâce et d’une délicatesse certaines. Sous cet aspect, le velouté de son toucher de piano, doublé d’un jeu avec l’étouffoir, ou la sonorité de sa guitare électrique le servirent idéalement. Sachant aller chercher l’émotion (bien aidé en cela par la réverbération appliquée à sa voix), Peter Broderick parvint aussi ne pas trop forcer cette dimension, limitant par exemple le nombre de reprises ad libitum des refrains à la fin de ses chansons (comme Hello to Nils, touchante évocation de la vie d’un musicien en tournée). La pratique récurrente de l’auto-sampling lui permit en outre d’associer violon, sistre, scie musicale et guitare dans le même titre tandis qu’au piano, il put se faire plus percussif comme sur cet instrumental prévu initialement pour être joué lors d’une prochaine tournée japonaise et, naturellement, interprété en pensant aux difficultés actuelles du pays. Pas déconcentré par le crépitement des nombreux déclencheurs de reflex numériques, le musicien de Portland parut presque surpris par l’excellent accueil que lui réservèrent des auditeurs attentifs et qui obtinrent même, enchantés, un second rappel. Assurément, nous étions également de ceux-ci.

François Bousquet
le 05/04/2011

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