Text of Light : L. Ranaldo - A. Licht - DJ Olive - T. Barnes - U. Krieger

 date du concert

31/03/2003

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 tags

Alan Licht / Centre Pompidou / DJ Olive / Lee Ranaldo

 liens

Alan Licht
Centre Pompidou

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Le centre Pompidou accueille un collectif de musiciens new-yorkais qui a pris l’habitude d’improviser sur des films de réalisateurs ayant émergés lors de la vague créatrice du cinéma underground américain à la fin des années 60, Stan Brakhage principalement, ou bien Harry Smith. La performance de ce soir qui accompagne le film Text of Light de Brakhage prend une connotation particulière en raison de la mort du réalisateur il y a moins d’un mois. Néanmoins les musiciens ne feront pas de déclaration particulière pour lui rendre hommage.

Alors que les premières images du film apparaissent, les musiciens, installés de part et d’autre de l’écran, commencent à jouer doucement. Tim Barnes à la batterie est celui qui se fait le plus entendre, par de brusques déflagrations qui attirent à lui les regards, comme si tout ce bruit était inconvenant par rapport au long drone que les guitaristes Alan Licht et Lee Ranaldo font tranquillement monter en puissance. Barnes appuie son jeu sur une foule d’accessoires hors-norme, du petit tambourin qui vient compléter la batterie à la chaîne qu’il heurte contre ses caisses et cymbales.

Il n’y a pas de réelle volonté de coller aux images, mais l’attention que les musiciens portent à ce que chacun puisse se faire entendre est remarquable. DJ Olive joue sur les sonorités de ses scratchs pour répondre à un larsen distordu de Ranaldo, comme pour lui faire écho. Puis arrive l’un des premiers moments de climax, avec le saxophone de Ulrich Krieger qui hurle tandis que les rires d’enfants samplés par DJ Olive apportent une touche inquiétante au milieu de toute cette tempête.

Après ces moments d’intensité, les musiciens jouent tranquillement jusqu’à la fin du film, qui montre des essais toujours infructueux de mise au point de la focale sur un cendrier, sans qu’à aucun moment l’objet en question ne soit discernable, ce qui entraîne un jeu sur la lumière et les teintes rougeâtres imprimées sur la pellicule. Licht est avachi sur sa chaise et Ranaldo se balade près des amplis en frottant le manche de sa guitare sur le sol pour trouver une bonne résonance. Ils continuent à jouer un peu après les dernières images, répétant ad libitum le motif qu’ils jouaient à la fin du film.

Bertrand Le Saux, Soizig Le Calvez
le 10/04/2003

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