Présences Electronique 2011 - Francisco López / Kaffe Matthews / Léon Milo + François Daudin Clavaud

 date du concert

26/03/2011

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Festival Présences Electronique 2011 / Francisco López / INA / GRM / Kaffe Matthews / Le 104

 liens

Kaffe Matthews
Francisco López
INA / GRM
Le 104
Festival Présences Electronique 2011

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Deuxième journée du festival, avec aujourd’hui un rendez-vous pris a 16h pour le concert de Francisco López. On parlera dans ce même article des concerts prévus à 18h avec dans un premier temps le set de Léon Milo et François Daudin Clavaud puis Kaffe Matthews que l’on n’avait pas vu en concert depuis bien longtemps !

Francisco López est hyper productif, mais rare sur scène puisque c’est vraisemblablement la première fois que l’on voyait l’Espagnol en live. Nous avons assez peu parlé de son travail sur ce site. Il est vrai que la musique de Francisco López est assez expérimentale, largement basée sur des field recordings et sonorités concrètes, et publiée sur des labels tels que Trente Oiseaux, Unsounds, ou encore Mego. Le musicien proposait aujourd’hui aux spectateurs-auditeurs un voyage sonore, insistant sur ce point en nous invitant à nous bander les yeux avant qu’il ne commence son set. Tout est prévu, un ruban de tissus noir est déposé sur chacune des chaises de la salle 400.
À l’écoute des premières minutes de ce concert, on se dira que cette nouvelle édition de Présences Électronique met l’accent sur les field recordings. En effet après Chris Watson la veille, nous voici projeté en pleine campagne, bercé par le chant d’insectes et le gazouillis des oiseaux. Assez rapidement le ton change avec l’apparition de sonorités mécaniques, de claquements, de souffles pour une longue séquence aux consonances industrielles. Une sorte d’épais magma sonore composé de tournoiements électroniques qui évoluent progressivement vers des sonorités plus abruptes, vraisemblablement moins traitées, comme des claquements sourds, de lourdes portes coulissantes et des glissements métalliques.
L’Espagnol alterne ainsi à deux reprises entre field recordings relativement naturels et traitement sonore. On passe ainsi par le souffle du vent, on traverse une tempête avant de retrouver des bruitages mécaniques qui nous donnent du coup l’impression d’être sur une embarcation de fortune.
Plus homogène que Chris Watson la veille, ce concert de 45mn ne nous laissera pas pour autant un souvenir impérissable. Peut-être trop homogène, trainant un peu trop en longueur.

À 18h, on revenait dans la salle 400 pour deux concerts. Un duo franco-américain dans un premier temps, formé par Léon Milo à l’électronique et François Daudin Clavaud à la flûte. Les deux hommes se sont rencontrés à l’IRCAM et ont développé ensemble un système interactif homme-machine, l’ordinateur générant des sonorités électroniques en fonction du jeu de l’instrumentiste, un jeu qui était ici plus ou moins improvisé. Leur set d’une petite demi-heure ressemblera à un long flottement électroacoustique. Souffles atones et légers claquements de cordes, timides piaillements de flûte et nappes électroniques, sifflements qui virevoltent et bouillonnement des machines, le tout en restant sur une relative abstraction. Au fil du concert chaque composant prend de l’ampleur, s’affirme, mais devient aussi plus classique et on sera quelque peu lassé par ces effets de flûte folles, caricatures de certaines musiques contemporaines. On regrettera cette évolution que l’on pourra interpréter comme un hommage aux maîtres alors que l’interaction trouvais dans sa première partie un juste équilibre entre acoustique et électronique.

Kaffe Matthews enchainait directement avec le genre de projet qu’on ne lui connaissait pas. Connue en tant qu’improvisatrice électronique, elle jouait ce soir Where are the wild ones, s’appuyant sur des enregistrements effectués un an plus tôt, sur les traces des saumons écossais qui remontent le courant de la Tyne.
Quel contraste avec le précédent concert ! On est tout de suite captivé par la richesse des sonorités, la finesse de leur traitement qui semble pourtant faire perdre toute réalité à ces enregistrements. L’Anglaise transforme le concret en abstrait, l’acoustique en électronique, sculptant dans un premier temps une ambient expérimentale et minimale du plus bel effet, puis laissant surgir les bouillonnements aquatiques de ses enregistrements. Après une lente montée vers des sonorités concrètes, on aura un peu de mal à suivre le fil du "récit", passant de rythmes lourds et mécaniques à des tonalités minimales, une alternance peut-être un peu trop rigoureuse qui nous mènera tout de même à l’épure de simples field recordings, écoulement d’eau, piaillements d’oiseaux et souffles.
Ces retrouvailles avec Kaffe Matthews resteront tout de même un excellent souvenir du festival.

Fabrice ALLARD
le 02/04/2011

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