Présences Electronique 2011 - Jim O’Rourke / Rafael Toral + Cesar Burago / Erdem Helvacioğlu + Per Boysen / Supersilent

 date du concert

26/03/2011

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Erdem Helvacioğlu / Festival Présences Electronique 2011 / INA / GRM / Jim O’Rourke / Le 104 / Rafael Toral / Supersilent

 liens

Rafael Toral
Supersilent
Jim O’Rourke
Erdem Helvacioğlu
INA / GRM
Le 104
Festival Présences Electronique 2011

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Nouvelle soirée dans le grand hall qu’est la Nef Curial avec une affiche plutôt éclectique. Ce soir, nous attendions principalement le concert d’Erdem Helvacioğlu, artiste turc dont nous avons parlé à plusieurs reprises mais que nous n’avions jamais vu en concert. C’était par ailleurs l’occasion de revoir la formation norvégienne Supersilent, désormais réduite au trio.

Nous avons déjà parlé de la configuration de cette salle et de la volonté d’ouverture sur l’extérieur opérée cette année. En soit une bonne chose si ce n’est pas au détriment des conditions d’écoute, mais la communication aurait peut-être du adaptée puisque l’on pouvait lire sur le site du festival la petite phrase suivante : "Comme chacun sait, Jim O’Rourke a décidé de ne plus quitter le Japon."... Pas sûr que les quelques spectateurs qui auront fait le déplacement après avoir lu l’encart sur le festival dans le quotidien gratuit Métro soient au fait des choix de vie de Jim O’Rourke, mais bon...
Toujours est-il que l’américain n’était donc pas présent physiquement, et c’est Christian Zanesi qui assurait la diffusion de What is cold is new again, une pièce électroacoustique d’un gros quart d’heure. Dans le cadre de Présences Electronique, Jim O’Rourke fait du GRM et on trouvera ce petit jeu assez énervant. Tous les codes semblent respectés, les sonorités donnent l’impression d’imiter des pièces déjà entendues, entre tintements et grincements, grands glissements de souffles, entrelacs de sonorités acoustiques et bruitages électroniques générés par les machines. Académique et sans grande surprise donc.

On enchaîne avec Rafael Toral, croisé pour la dernière fois sur scène 5 ans plus tôt dans le cadre du festival Octopus. On se fera la remarque que si les instruments ont changés, la musique quant à elle reste à peu près la même. Depuis quelques années, le Portugais travaille sur son programme Space, développant un style qu’il appelle lui-même post-free jazz electronic music... Il produit en fait une musique véritablement électronique mais il met en avant la performance avec des machines qu’il a détourné.
Il était accompagné ce soir de Cesar Burago, percussionniste angolais au jeu minimaliste, se consacrant au jazz contemporain. C’est lui qui ouvre le concert avec quelques coups de bois tandis que Rafael Toral produit de ludiques piaillements et frétillements électroniques. Une musique que l’on trouve abstraite mais qui tente d’être mélodique, même si cette tentative ne suffit pas à retenir les spectateurs. Après un premier morceau de 7-8 minutes, le Portugais change de machine mais le résultat varie assez peu. Les tonalités produites ici s’apparente à un ballon de baudruche que l’on ferait grincer tandis que les percussions sont un peu plus présentes. Dans une progression logique, une troisième et dernière pièce dévoilait des sonorités plus riche et un jeu qui illustrait vraiment le style de l’artiste, à la fois très électronique et free "jazz". Intéressant et atypique.

Il y a tout juste un an, Erdem Helvacioğlu sortait l’album Sub City 2064 avec le suédois Per Boysen. Un disque qui nous avait un peu déçu après deux albums solo plutôt convaincants de la part de l’artiste turc. On n’attendait donc pas grand chose de ce concert, présentation live et spatialisée de Sub City 2064, interprété par les deux hommes.
On retrouve les belles constructions électroacoustiques d’Erdem Helvacioğlu, le jeu proche de l’impro de Per Boysen, mais aussi quelques facilités comme les arpèges bouillonnantes de Metal Sky. Le concert était une version ramassée de l’album, réduite à une vingtaine de minutes, se concentrant sur les moments de tension et de stress à grand renfort d’archet grinçant sur les cordes de la guitare.
Un concert plutôt agréable mais qui nous confortera dans l’idée que l’on s’était déjà faite de Per Boysen, resté un peu trop scotché sur un courant psyché/prog-rock.

Il est environ 21h45 quand Supersilent s’installe pour le dernier concert de la soirée. Depuis le départ de Jarle Vespestad en 2009, le groupe est donc réduit au trio et c’est le trompettiste Arve Henriksen qui assure désormais le rôle de batteur, toujours accompagné de Helge Sten (Deathprod) et Ståle Storløkken aux machines.
Autant le dire tout de suite, on n’a jamais été vraiment fan de cette formation et on ne sortira pas converti de cette prestation. En relisant la chronique que l’on faisant d’un concert de Supersilent en 2000, on se rend d’ailleurs compte que l’on pourrait reprendre les mêmes propos : les éléments se mettent en place doucement, sonorités électroniques lancinantes et trompettes errantes pour une introduction plutôt sage, et un véritable changement de ton quand Henriksen lâche la trompette au profit de la batterie, passant alors à une longue montée faite de cassures rythmiques et de claviers nasillards imprévisibles, le tout laissant une impression de chaos au sein duquel émerge quelques bribes mélodiques.
Le principe est toujours le même avec un premier morceau d’une quinzaine de minutes, puis on enchaîne avec un deuxième titre débutant par une belle introduction atmosphérique, laissant une large place aux machines et ponctuée de mélodies de trompette. Le groupe reprendra ensuite le même schéma : machines débridées, vrombissements tendus, fracas rythmiques et claviers énervés.

Un concert un peu à l’image de l’ensemble de la soirée, globalement plaisant, mais pas renversant. On reviendra donc dimanche au 104.

Fabrice ALLARD
le 03/04/2011

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