Présences Electronique 2011 - Eliane Radigue / Murcof

 date du concert

27/03/2011

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Eliane Radigue / Festival Présences Electronique 2011 / INA / GRM / Le 104 / Murcof

 liens

Murcof
Eliane Radigue
INA / GRM
Le 104
Festival Présences Electronique 2011

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Nous voici arrivé au troisième et dernier jour de l’édition 2011 de Présences Électronique. L’affiche est particulièrement attrayante, à se demander pourquoi celle-ci n’a pas été plutôt programmée le samedi. Dès 16h on attaque avec Éliane Radigue, parfait pour une ambiance de sieste, et à 18h on se met en éveil avec Murcof avant d’enchainer pour la soirée.

On arrivera juste à temps puisque la grande porte grinçante de la salle 400 se refermera derrière nous. Le temps de trouver une place libre et voici Éliane Radigue qui prend place à la console, deux assistants à ses côtés. À l’image de Pierre Henry il y a 10-15 ans, la Française semble connaître actuellement une véritable renaissance, multipliant les concerts puisqu’on la voyait interpréter Adnos II quelques mois plus tôt au Palais de Tokyo. On se s’en plaindra pas, bien au contraire.
Ce soir elle jouait L’île re-sonante, une œuvre nettement plus récente puisque initiée en 1998. Le travail d’Éliane Radigue connait une extrême constance, aussi on ne sera pas vraiment surpris par cette pièce qui témoigne justement d’un retour aux synthétiseurs analogiques. On retrouve donc son jeu minimaliste et plein de finesse, conviant petit à petit de nouvelles tonalités qui se superposent ou s’enchainent. Un ronronnement grave d’abord, puis des nappes d’orgue qui s’organisent en boucles mélodiques, des vocalises typées opéra qui planent, un jeu d’oscillations de basses, des grondements tournoyants au profit d’une ambiance spatiale, puis un progressif retour au calme avec un drone oscillant et épuré.
Une ambient minimale et contemplative, une simplicité, une épure de toute beauté.

À 18h on enchaîne avec Murcof, mais nous n’étions pas les seuls. Assez logiquement le Mexicain fait salle comble, au point que les organisateurs feront rentrer bien plus de spectateurs que le nombre de chaises ne le permettait. On se demandait un peu ce que Murcof, un artiste dont le travail est tout de même très typé electronica, pouvait présenter dans le cadre de Présences Électronique. De notre côté nous n’avions rien écouté depuis son excellent album Cosmos (publié en 2007), et le programme du festival ne donnait aucun élément pour nous aiguiller, annonçant simplement une "Performance"...
On arrivait donc ici en étant plutôt fan de Murcof, à la fois excité par l’idée de le voir à Présences Électronique, mais méfiant quant à sa capacité à proposer un travail d’une certaine envergure. Il ouvre son set avec une belle introduction, posant des éléments qu’il laisse en suspend, entre fin égrenage de cordes, lent glissement d’un archet et gros coups de basses électroniques, l’ensemble se mettant en place petit à petit. Et puis au bout d’une dizaine de minutes, on déchantera en se rendant compte que le Mexicain ne joue pas une seule et unique pièce, mais une série de morceaux distincts, brisant le voyage sonore. Le style variera un peu au fil des titres, en restant sur un équilibre entre électronique et une acoustique aux tendances néo-classiques. Vocalises d’opéra par ici, mélodie de clavecin par là, cordes et violoncelles dignes d’un space opéra, puis un travail rythmique qui nous rappelera que Murcof n’a pas abandonné l’electronica pour autant.
Il terminera son concert sur un dernier titre mêlant harmonieusement chœurs et cordes, et on quittera la salle avec le sentiment de s’être un peu fait avoir. Finalement on s’y attendait, c’est parfois très beau mais le style est souvent assez grossier, pompeux, à moins que ce ne soit l’effet "j’ai 60 violons dans mon laptop" qui nous dérange. Il va donc falloir attendre encore un peu avant de pouvoir écouter une symphonie électroacoustique digne de ce nom de la part de Murcof.

Fabrice ALLARD
le 05/04/2011

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