Soirée d’ouverture Qwartz/Némo : ANBB / Herman Kolgen

 date du concert

30/03/2011

 salle

Cigale,
Paris

 tags

Alva Noto / ANBB / Blixa Bargeld / Cigale / Festival Némo 2011

 liens

Alva Noto
Cigale
Blixa Bargeld
ANBB
Festival Némo 2011

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Cette année, les Qwartz et le festival Némo joignaient leurs forces afin de proposer un événement commun pour leur ouverture. Une mise en commun finalement assez logique pour ces prix autour des musiques électroniques et ce festival dédié aux nouvelles images qui s’oriente de plus en plus vers un mélange des genres. On se souvient déjà en 2009 de plusieurs concerts visuels au Forum des Images (Frank Bretschneider, Byetone), avant de bifurquer au 104 en 2010 où se produisait Atom, mais aussi Herman Kolgen et Alva Noto qui assurait déjà l’ouverture du festival Némo.
Si l’on a tendance à faire remarquer que ce sont un peu toujours les mêmes noms qui tournent à Présences Électronique, on notera que c’est à peu près la même chose par ailleurs, à croire que la production de qualité se limite à quelques artistes et labels.

On passera bien évidemment sur le passage obligé des discours d’ouverture et autres remerciements (il y a encore du boulot pour rendre la chose ne serait-ce qu’un peu attrayante...), des bandes annonces de travaux qui seront présentés à l’automne dans la suite de Némo (le festival se divise en deux sessions) et on enchaîne avec le canadien Herman Kolgen. On le voyait donc l’an dernier présenter Inject, 45mn d’un corps plongé dans une citerne d’eau. De belles images, trop belles diront certains, très plastiques, des effets sonores que l’on trouvait parfois un peu trop appuyés, clinquants.
Cette année avec Dust 2.0 ca sera un peu la même chose. Présenté comme un hommage à Marcel Duchamp et Man Ray, la petite demi-heure de film accumule séquences filmées à haute vitesse pour créer des ralentis impeccables de douceur, profondeurs de champ microscopiques, et monochromes cliniques sur des plans de mouches mortes et poussières balayées d’un courant d’air. Visuellement, c’est encore une fois très beau, le canadien est un parfait technicien. Mais sur un format de 30 à 45mn, on s’attend assez naturellement à un minimum de narration. Ce ne sera encore pas pour cette fois. Au niveau de la musique on est dans l’illustration pure, l’accompagnement des mouvements, ambient sur les ralentis, grand fracas quand la poussière retombe. Sans surprise donc.

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Alva Noto

Un petit quart d’heure de pause et on poursuit avec le très attendu duo ANBB, formé par Alva Noto et Blixa Bargeld, pour la première fois à Paris. Nous chroniquions Mimikry, leur premier album, il y a quelques mois, aussi ce concert tombait a pic afin d’apprécier la version live. Mise en scène minimaliste, Blixa en front de scène bien sûr, Carsten Nicolai un peu en retrait derrière son laptop, et des projections graphiques et statiques qui changeaient à chaque morceau.
Les deux hommes nous offriront un concert de près de 1h30, reprenant tout l’album à l’exception de Katze. On passera donc rapidement sur ces morceaux pour se concentrer sur quelques inédits ou surprises. Justement le concert s’ouvre sur un inédit, peut-être bien une improvisation avec Blixa à l’harmonica. Celui-ci était équipé de pédales lui permettant de se sampler et créer des boucles, souvent vocales, mais lui donnant la possibilité ici de chanter sur ses propres esquisses mélodiques tandis qu’Alva Noto délivrait de rapides frétillement rythmiques. Une longue introduction de près d’un quart d’heure avant d’entrer dans le vif du sujet avec Ret Marut Handshake, Once Again et le rapidement exécuté One. On aura ensuite droit à Electricity is Fiction, très rythmique, au tempo martelé, qui donnerait presque envie d’acheter le EP, ce morceau étant absent de l’album.
Mimikry sera présenté dans une version abrégée, on ne s’en plaindra pas. Le duo préfère s’essayer à l’improvisation, créant de longues intros à Berghain et Wust. C’est d’ailleurs là que ça coincera un peu. Le duo semble vouloir improviser mais donne sans cesse l’impression que tout est déjà prévu et millimétré. Avec deux maniaques tels que Blixa Bargeld et Carsten Nicolai, on ne voit d’ailleurs pas comment il pourrait en être autrement. Blixa aura quelques problèmes pour se sampler, et/ou avec ses retours, et aura du mal à cacher un bref énervement, puis une fois calmé s’amusera à faire le chef d’orchestre en faisant signe à son comparse de balancer une texture bruitiste, pour rire.
Bien sûr le public en redemande, et tout est prévu. Le duo revient sur scène afin de jouer Fall, le morceau qui ouvre l’album, en guise de conclusion.

On était un peu mitigé sur l’album, trouvant que les deux hommes n’étaient jamais sur un pied d’égalité, que le duo ne fonctionnait pas vraiment. Si égalité il n’y a toujours pas, cette version live, puissante, nous donna une autre interprétation de l’album et nous conforta dans la beauté certaines pièces, nous laissant une impression finale plutôt positive.

Fabrice ALLARD
le 11/04/2011

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