Festival ATP 2003 : Coil - Jim O’Rourke - SND - O.S.T - Andrea Parker + Mira Calix

 date du concert

06/04/2003

 salle

Camber Sands,
Angleterre

 tags

Andrea Parker / Bernard Parmegiani / Camber Sands / Coil / Festival All Tomorrow’s Parties 2003 / Jim O’Rourke / Mira Calix / O.S.T. / SND

 liens

Mira Calix
Coil
Bernard Parmegiani
Jim O’Rourke
Camber Sands

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Si samedi nous ne savions plus où donner de la tête, la programmation de cette dernière journée s’est imposée naturellement. La petite salle, enfin libérée de l’emprise du label Skam se voyait investie par les DJs. Il y avait bien sûr quelques nom fort recommandables comme Stasis (un proche de B12 et Black Dog), Strictly Kev (aux manettes de la célèbre compilation Blech (Warp) et membre du collectif DJ Food), Graham Massey (808 State), LFO (Mark Bell), G-Man (Gez Varley, l’autre moitié de LFO) et Venetian Snares pour clôturer la soirée.
Fidèle à nous même, nous avons privilégier les lives et le résultat à dépassé nos attentes.

La journée commençait encore à 14h avec O.S.T. Un nom inconnu qui, après enquête, nous paru fort intéressant. Cet artiste se faisant très rare, on tenait déjà une bonne raison de ne pas rater ce concert, mais son domaine de prédilection étant l’ambient expérimental, nous ne pouvions en manquer une miette.
Certes, on est bien loin de l’ambient calme et mélodique. La musique de Chris Douglass est perturbée, fourmille de petits bruitages inquiétants, de grésillements, sifflements, et parfois une rythmique ou une mélodie hésitante au second plan. C’est très beau, même si l’on ne parviendra pas à s’immerger complètement dans cette atmosphère sombre.

On ne restera pas longtemps devant Req (Warp), sa prestation ressemblant plus à un DJ set qu’à un véritable live, et on reviendra pour SND, duo anglais ayant sorti l’an dernier leur troisième album chez Mille Plateaux. Un joli concert d’electronica minimale et retenue, mais pas débordant d’originalité. On regrettera par contre leur attitude distante, se demandant si ça ne serait pas pareil s’ils n’étaient pas là... Les lives au laptop n’étant pas particulièrement excitants, si les artistes n’essayent même pas de donner un peu de corps à leur musique, autant se contenter d’écouter le disque.

Cette remarque ne concerne heureusement pas Jim O’Rourke qui jouait juste après. Derrière ses machines et laptop il commence de façon très bruitiste, ça bourdonne dans tous les sens, ça fourmille de petits bleeps très bruts, tout ça pendant un peu plus d’une minute, après quoi il calme le jeu tout en gardant ce type de sonorités. Il passe ensuite à une musique classique contemporaine, électroacoustique avec bruitages noise et piano free, quelques passages plus atmosphériques jusqu’à une longue plage linéaire d’une dizaine de minute, un drone électronique laissant le public en apesanteur, le souffle coupé, le temps arrêté.
Le dernier morceau, calme et mélodique sera un mélange d’ambient, de musique planante psychédélique et de petits bruitages, très beau. Un superbe concert pendant lequel Jim O’Rourke redoublait d’activité, passant rapidement d’une machine à l’autre.

Les autres stars de la soirée, ce sont Coil. On se dit tout de suite que l’on a affaire à une bande d’allumés, à quelques hippies sur le retour. Les quatre membres du groupe arrivent vêtus d’une combinaison blanche pour les musiciens et d’une chemise de nuit aux manches trop longues pour le chanteur.
Ils produisent une musique ambient inquiétante, ponctuée d’incantations mystérieuses, le tout mis en valeur par une scénographie soignée : projections en fond de scène, projections sur les musiciens aux machines, donnant l’impression de voir des hologrammes tandis que chanteur et percussionniste restent dans la pénombre.
Pourtant le concert ne paraîtra jamais grandiloquent, la mise en scène fait partie de leur musique, de leur univers, et forme un tout cohérent et magique.

Pour Bernard Parmegiani, on se fera avoir. Alors que l’on arrive dans la salle, le concert est commencé. Sur scène, quelqu’un d’un peu âgé triture une guitare et se fait applaudir à la fin des morceaux. Pourtant ce n’est pas là que ça se passe. Il n’y a rien à voir et Parmegiani est au milieu du public, au niveau de la console de mixage.
Du coup on ne rentrera pas vraiment dans ce concert, alternant les morceaux avec éléments rythmiques et d’autres avec des cuivres, le tout diffusé avec parcimonie et retenue.

On ne reviendra que beaucoup plus tard pour voir Rhythm & Sound en DJs. Ceux-ci jouaient du reggae lorsque nous arrivions, d’où déception. Ils passeront ensuite par un peu de dub, mais leur set qui se prolongea plus que de raison n’était pas construit suivant une évolution, et alternait régulièrement entre reggae et dub.
L’attente fut longue, mais Mira Calix et Andrea Parker finirent par arriver. Elles subirent d’abord quelques problèmes techniques, pas d’éclairage, platine défaillante et eurent du mal à nous faire décoller. Et puis un effort fut fait pour la mise en scène, élément suffisamment rare lors d’un DJ set pour être signaler : alors que les filles étaient aux platines, deux hommes masqués sont venus s’installer de part et d’autre de la scène pour faire du repassage....
Leur prestation fut parfaite, passant de l’electronica des premières années de Warp, un titre de Kraftwerk pour mira Calix, de la techno minimale et hypnotique pour Andrea Parker avec notamment la version instrumentale de son remix de It’s no Good (Depeche Mode), le tout avec une finesse tout féminine.

Après ça, difficile de rester plus de 5 minutes dans la petite salle où Venetian Snares fait vrombir les enceintes avec son set drill’n bass.
Il est plus de 4 heures du matin, pour nous le festival est terminé.

Fabrice ALLARD
le 11/04/2003

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