François Morellet : Réinstallations

 date

du 02/03/2011 au 04/07/2011

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 appréciation
 tags

Centre Pompidou / François Morellet

 liens

Centre Pompidou

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À la fin de son exposition Blow-Up 1952-2007 : Quand j’étais petit, je ne faisais pas grand, présentée en 2007 au Musée d’art moderne de la Ville de Paris, François Morellet quittait les peintures pour présenter une installation au néon de 1971. Cette technique se trouve cette fois-ci au cœur de Réinstallations, exposition personnelle qui, à l’image de celle de 2007, n’ambitionne pas de retracer l’intégralité de la carrière du Français, mais préfère s’attacher à un aspect de son travail : les installations in situ, fréquemment à base de néons, donc.

Comme souvent avec cette source lumineuse, il s’agit pour l’artiste d’opérer en deux temps en conjuguant perception immédiate et persistance rétinienne. Dans ce contexte, Néons 0°-45°-90°-135° avec 4 rythmes différents, installation de quatre séries de lignes parallèles accrochées sur les quatre faces d’un cube noir au sein duquel le spectateur rentre, fonctionne particulièrement bien. Devenue de fait partie prenante des réalisations de Morellet, le public va plus loin être tenu d’intervenir encore plus directement avec une demi-douzaine d’œuvres qui nécessitent l’actionnement d’une pédale ou d’un bouton-poussoir pour déclencher un crépitement lumineux, allumer et éteindre des néons ou bien allumer un ventilateur. Nous rappelant nos visites d’enfant au Palais de la Découverte, ces dispositifs peuvent paraître un peu ostentatoires dans leur démarche participative, mais renvoient également à la dimension facétieuse de Morellet. Ainsi, grâce à l’action mécanique humaine, les grillages deviennent troubles (Reflets dans l’eau déformés par le spectateur), la Joconde s’ébroue, balayée par le vent (la Joconde déformée), et des tirets deviennent des croix (2 trames de tirets 0°-90° avec participation du spectateur).

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Géometrée n°5
(courtesy Centre Pompidou)

Remontant jusqu’aux années 1960, les installations présentées au Centre Pompidou voient le Français tracer lignes et courbes, faire passer les fils électriques alimentant les tubes néons pour des branches de saule pleureur (π Weeping Neonly n°3) et tenter des dialogues entre ensemble de lumières bleues et de lumières rouges (No End Neon et Neons By Accident). Au-delà de l’assemblage de tubes lumineux, Morellet peut aussi faire le lien entre nature et art, en traçant un cercle ou une droite au fusain sur le mur, poursuivie par une branche de bois au sol (Géometrée n°5) ou dédoublée par une autre branche au mur (Géometrée n°93). Moins convaincante quand il utilise une poutre à la place de la branche, cette démarche permet néanmoins de reposer les rétines presqu’aveuglées par la succession de flashes lumineux.

Souvent imposantes bien que minimales, les œuvres de Morellet savent cependant se faire plus discrètes, à l’image de Papier 2,5°-92,5°, trou (carré) 0°-90°, orifice percé dans le mur et encadré par une feuille de papier blanc punaisée. Là aussi, le spectateur est tenté d’intervenir, d’accoler son œil à la paroi mais, pour une fois, aucune lumière ne viendra l’éblouir.

François Bousquet
le 21/06/2011

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