Baths / Kingfisherg

 date du concert

13/04/2011

 salle

An Vert,
Liège

 tags

An Vert / Baths / Jaune Orange / Kingfisherg

 liens

Jaune Orange
Baths

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Deuxième passage dans la sympathique salle liégeoise L’An Vert pour nous cette semaine, puisque nous y étions déjà il y a deux jours en témoin jouisseur de l’étonnante performance de Philippe Petit. Ce soir, à l’invitation du dynamique collectif liégeois Jaune Orange, nous venions en curieux entendre ce que donnerait en live l’une des révélations de 2010 : Baths. Nous n’étions pas les seuls, tant l’artiste est hype, au sens fort du terme : la petite salle affichait bien vite complet, laissant tristement sur le carreau maints amateurs motivés... Les conditions n’étaient donc pas optimales ; qu’importe, les sons étaient au rendez-vous et nous en avons profité goulûment.

Kingfisherg tout d’abord : le Liégeois venait présenter son dernier album, Fire Hum, paru fin 2010 sur Wigflip Records, un label de Baltimore. Hors-d’oeuvre adéquatement choisi ; on est désormais loin des vignettes bucoliques et oniriques de ses débuts, et on navigue dans un registre métallique urbain, ponctué çà et là - surtout vers la fin du set - de ritournelles robotiques et enveloppantes qui ne sont pas sans évoquer l’(les) excellent(s) Black Dog. Assez statique derrière son laptop, le Liégeois propose des pièces qui, prises individuellement, font mouche, entre discrètes ambiances granuleuses, nappes prégnantes en soubassement et rythmiques agréablement martelées et concassées. Il reste que, globalement, le set manque un peu de liant, de souffle et de spontanéité. On reste ainsi perplexe lorsque, à la fin, après nous avoir emmené sur les ailes d’une imparable mélodie prenante et grisante, en strates répétées et progressives, il ajoute un bref morceau très anecdotique...

La salle se remplit densément pour l’arrivée du "phénomène", Will Wiesenfeld, natif de Los Angeles mais originaire du Canada. L’album Cerulean sorti l’an dernier sur le fameux label Anticon - que, personnellement, nous ne fréquentons pas, mais qui plaît à nombre d’oreilles, d’où sans doute l’affluence - s’avère un petit bijou d’immédiateté originale et roborative. Ce disque, qui a immédiatement conquis tant la critique que le public, formait naturellement la charpente du set, agrémenté de la puissance que permet le live. Baths, c’est un petit bonhomme jovial et rondouillard, qui s’agite beaucoup derrière ses fines lunettes ; il délivre une heure durant des chansons hip-folk de sa voix fluette, des rythmiques de type hip-hop syncopées et fracturées, des gimmicks mélodiques permanents, des chuintements, modulations, stridulations, samples vocaux, grondements sourds, clochettes, déflagrations, craquèlements. Tantôt percutant et très efficace, tantôt un brin approximatif et brouillon, "ces collages hybrides" comme l’annonçaient les organisateurs sont le plus souvent clairs, précis et puissants, et les constantes variations instillées par ce musicien inspiré ne laissent place à aucune lassitude. Bref, certainement un artiste à suivre, auteur d’un très bon disque, et qui aura ravi un public nombreux ce soir.

Gilles Genicot
le 15/04/2011

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