Sylvgheist Maëlström

Lahar

(Connexion Bizarre / Internet)

 date de sortie

00/12/2010

 genre

Electronique

 style

Electro / Industriel / Minimal

 appréciation

 écouter

Lothar (MP3 complet)

 tags

Connexion Bizarre / Electro / Industriel / Minimal / Sylvgheist Maëlström

 liens

Sylvgheist Maëlström
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Sylvgheist Maëlström est le projet musical de Julien Michaud que l’on avait croisé l’an passé sur la Kod.ex Electronic Compilation. Lahar est son tout premier album physique, composé de 10 titres que l’on trouve également en numérique chez Connexion Bizarre, répartis en deux sorties distinctes (ici et ).

Un lahar est une coulée boueuse d’origine volcanique. Le titre de l’album fait référence au lahar provoqué par l’éruption du mont Saint Helens en 1980, une catastrophe pour laquelle l’artiste a consacré une piste sur cet album. C’est d’ailleurs le principe même du disque qui a pour thème la nature qui reprend ses droits, avec son caractère cyclique, sans se fier au destin des hommes. On trouve ainsi dix longs morceaux aux titres évocateurs : Pompéi, Katrina, Xynthia, Kobe et plus proche de nous Eyjafjöll, du nom du massif volcanique islandais, en éruption en 2010.
Comme évoqué un peu plus haut, Sylvgheist Maëlström s’est déjà illustré sur quelques compilations, et notamment chez Kod.ex. En toute logique, on trouve ici un son aux fortes teintes electro-indus, avec pour particularité un style très minimal, et un travail principalement axé sur les percussions puisque le Français semble ignorer toute mélodie. Il en résulte un album extrêmement uniforme qui risque de lasser sur la longueur (72mn tout de même !), mais on se rendra compte qu’en pratique l’artiste parvient assez bien à se renouveler.

Le son est très typé, ce qui en fait un album particulièrement conseillé aux amateurs d’electro-indus. Il s’ouvre sur quelques ronronnements électroniques très vite rejoint par un implacable roulement rythmique (Pompéi). Ce duo de drones électroniques et percussions est quasiment une constante, les premiers servant généralement de nappes d’accompagnement (Katrina, Xynthia) ou de textures abrasives (Eyjafjöll). Les percussions sont quant à elles contrastées puisqu’elles mêlent petits claquements (Lisbonne) et kicks rebondis (Katrina), jouent de denses clashs synthétiques avec Lahar - Mont Saint Helens, se trouvent tour à tour ralenties par leur lourdeur métronomique (Eyjafjöll) puis vives et luxuriantes avec la battucada électronique de Chicxulub.
On remarquera trois titres qui sortent du lot pour leurs ébauches mélodiques, apportant du même coup un peu de lumière à l’album. Une sorte de flûte qui s’échappe d’un entrelac rythmique sur le final de Toungouska, puis des claviers qui contribuent à la douceur ambiante de Lothar, et créent un croisement entre drum’n bass et electronica sur Kobe en guise de conclusion à l’album.

Le risque était grand de perdre l’auditeur au milieu de ces déluges rythmiques, de ces atmosphères sombres et dérangées, mais force est de constater que Lahar se déroule sans accro. Une approche et un parti pris assez atypique qui sont peut-être bien à l’origine de cette réussite.

Fabrice ALLARD
le 17/04/2011

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