WANI

 date

du 08/04/2011 au 21/05/2011

 salle

Fondation d’entreprise Ricard,
Paris

 appréciation
 tags

Camille Henrot / Emmanuelle Lainé / Florence Doléac / Florian et Michaël Quistrebert / Fondation d’entreprise Ricard / Hubert Duprat / Julien Discrit / Vincent Kohler

 liens

Fondation d’entreprise Ricard

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« WANI » pour la version phonétique d’ « Objet Artistique Non Identifié » ou « Œuvre d’Art Non Identifiable » : voici le postulat de départ de cette nouvelle exposition collective de la Fondation Ricard, qui n’aime rien tant qu’offrir des propositions alambiquées et, souvent, roboratives. Forts de cette perspective, une partie de la vingtaine d’artistes ici présentés vont mettre en place ce qu’on pourrait qualifier d’objets augmentés. Se trouvent ainsi recouverts d’une couche de terre et goudron le tabouret et la lampe de bureau de Camille Henrot, d’une dose de crème pour bébés le coton-tige géant de Thomas Rentmeister, d’une corde enroulée la sculpture en plâtre d’Emmanuelle Lainé, d’une finition calcinée celle d’Anne Wenzel, de couches d’acrylique noire le silicone de Michaël et Florian Quistrebert ou de simples gouttes d’eau les ampoules de la vidéo de Jean-Claude Jolet.

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Fabrice Langlade - SSHH
(courtesy de l’artiste)

Ces ajouts conduisent évidemment ces objets à quitter leur fonctionnalité première et à être élevés au rang d’œuvre d’art, statut que revêtent également les moulages en céramique d’Anders Ruhwald (sorte de nuage soutenu par une canne), Philippe Terrier-Hermann (gros pois verts aux réminiscences asiatiques) et Vincent Kohler (morceaux zoomorphiques de branches de bois). Poursuivant ce processus, d’autres créateurs en viennent à réaliser des formes hybrides, échappant effectivement à toute identification : véhicule-miroir de Julien Discrit, tas couleur chair de Farida Le Suavé, tuyaux posés sur une table d’Hubert Duprat, sculptures à la blancheur phosphorescente de Fabrice Langlade et tapis de laine recouvrant une grosse balle de Florence Doléac.

En se promenant au milieu de ces pièces, on en vient à demander si, en repoussant ainsi toute catégorisation, en voulant ne rien signifier « par refus volontariste de le faire » (pour reprendre les termes des commissaires Paul Ardenne et Marie Maertens), les œuvres exposées ne finissent-elles pas par, justement, forger une nouvelle typologie ? Cette conclusion, mi-serpent qui se mord la queue, mi-arroseur arrosé, nous permet alors de quitter l’exposition tout aussi intrigués que nous l’avions pénétrée.

François Bousquet
le 18/05/2011

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