Larry Bell : En Perspective

 date

du 25/02/2011 au 22/05/2011

 salle

Carré d’Art,
Nîmes

 appréciation
 tags

Carré d’Art / Larry Bell

 liens

Carré d’Art
Larry Bell

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Corner Lamp DB 4A
(courtesy de l’artiste)

Figure de l’art minimal états-unien moins connue que Donald Judd, Dan Flavin ou Tony Smith, Larry Bell se voit accueilli pendant trois mois à Carré d’Art, musée d’art contemporain nîmois faisant face à l’antique Maison Carrée, que nous visitons pour la première fois à cette occasion. Occupant un étage de cet imposant lieu tout en verre et acier, l’exposition va précisément faire la part belle aux créations à base de verre du plasticien. Ainsi, plusieurs installations mettent en scène panneaux et étagères en verre, jouant sur leur transparence plus ou moins prononcée et sur l’influence de la lumière qui peut les traverser. Partant, un simple spot éclairant une tablette d’angle crée deux halos (l’un arc-en-ciel, l’autre blanc) et habille l’ensemble d’un coin de mur (Corner Lamp DB 4A) tandis que plusieurs petits cubes laissent voir au travers des ellipses. Reprenant cette forme cubique, deux grandes installations travaillant sur la réflexion impressionnent. Enchâssés l’un dans l’autre, deux grands dés de verre se superposent tout d’abord à la vision, rendant celui à l’intérieur plus sombre, façon pierre noire en lévitation mystique (Dutch First and Last).

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Time Machine
(courtesy de l’artiste)

Plus encore, First and Last procède à la manière de l’incomplete open cube de Sol LeWitt en ne reliant pas les faces du cube, mais en les recouvrant d’une pellicule d’enduit non uniformément disposé ; entre miroir sans tain et glace transparente, la sculpture permet au spectateur de voir le haut de son corps nettement alors que ses jambes paraissent s’évaporer quand, à un autre endroit de l’installation, ce sera l’inverse. Conviant également le visiteur à interagir, Time Machine se compose de deux sièges et d’un miroir ovale ; là aussi, le tain de ce dernier a été traité de telle sorte qu’on se voit sans se voir véritablement, et que son visage et son corps se fondent dans ceux du visiteur assis de l’autre côté. Trouble de la perception, disparition du moi et de l’autre au profit d’un être hybride : nos repères habituels sont habilement bousculés. De même, la Leaning Room (pièce blanche simplement éclairée par des rais de lumière courant le long d’une coursive située au plafond) n’est en réalité illuminée d’aucun éclairage puisque c’est une peinture apposée juste dans le repli de la coursive qui possède des vertus phosphorescentes.

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Untitled
(courtesy de l’artiste)

Au-delà des formes en trois dimensions, les peintures de Larry Bell peuvent aussi intégrer cubes et morceaux de verre, à l’image de la combinaison d’Untitled. En toute hypothèse, l’intervention sur le châssis ne détourne pas l’États-unien de sa volonté de travailler formes et matérialité : Lil’ Orphan Annie agglomère ainsi trois figures rectangulaires aux angles tantôt droits, tantôt retravaillés, comme si Bell ne pouvait se limiter au classicisme des 90°. Afin de développer davantage cette démarche, l’artiste a mis au point un « tank », machine projetant des particules métalliques sur le verre ou le papier. Grâce à elle, il va pouvoir réaliser toutes sortes de créations, et notamment des Vapor Drawings, ellipses iridescentes aux contours psychés parfaitement en phase avec les années 1970 pendant lesquelles elles ont vu le jour. Plutôt que de s’arrêter sur les photographies déformées ou les collages limite brouillons qui ornent d’autres salles, c’est naturellement vers ces œuvres plus élaborées, laissant une vraie place à l’imaginaire du spectateur, qu’on préféra retourner.

François Bousquet
le 20/05/2011

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