Jefre Cantu-Ledesma / Le Révélateur

 date du concert

22/04/2011

 salle

Les Voûtes,
Paris

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Ali_Fib / Colophon / Jefre Cantu-Ledesma / Le Révélateur / Les Voûtes / Tarentel

 liens

Tarentel
Jefre Cantu-Ledesma
Les Voûtes
Ali_Fib
Le Révélateur

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Le rendez-vous était pris pour ce qui était malheureusement le dernier concert ali_fib avant une pause d’une durée indéterminée. Pour cette dernière affiche, nous faisions surtout le déplacement pour Jefre Cantu-Ledesma, un habitué de ces pages, que ce soit pour ses récents travaux solo ou ses projets connexes que sont notamment Colophon et Tarentel. Ce fut donc l’occasion de découvrir Le Révélateur, projet solo de Roger Tellier-Craig, connu quant à lui pour être le fondateur de Fly Pan Am, et membre un temps de Godspeed You ! Black Emperor.
Deux approches différentes, mais une forte connexion entre les deux hommes puisque Le Révélateur est auteur d’une cassette à ce jour, sortie en 2010 chez Root Strata, label fondé par Jefre Cantu-Ledesma.

Les Voûtes sont en configuration assise, la salle étant remplie de rangés de chaises. Rien d’autre qu’un grand écran devant nous pour le premier concert puisque Le Révélateur se produit en contrebas de la scène, avec Sabrina Ratté aux projections. Surprise puisque la musique du montréalais est avant tout électronique, mêlant nappes planantes et envolées de boucles, des tonalités analogiques et une forme qui rappelle énormément le krautrock électronique de Tangerine Dream.
Au niveau des visuels, on reste également scotché aux 70s avec des superpositions de vidéos baignées de lumière, de couleurs saturées, d’arcs en ciel dans tous les sens, d’effets de symétrie, bref tous les clichés visuels du psychédélisme réunis dans une même image. Au moins, le concert bénéficiait d’une unité de ton : les boucles et arpèges synthétiques ne cessent de se superposer, de se croiser, la musique étant elle aussi construite par une accumulation de couches et la répétition de motifs mélodiques.
Étant fan de Klaus Schulze et Tangerine Dream, naturellement la musique du Révélateur ne nous laisse pas indifférent, on est séduit, mais on se pose aussi des questions sur le phénomène. Quel est l’intérêt de faire cette musique en 2011 ? Qu’est-ce que le Révélateur apporte de plus ? Après le revival 80s, les années 2010 vont-elles être les années du revival 70s ? Dans le genre, un an plus tôt c’est Oneothrix Point Never qui se faisait remarquer, on était déjà perplexe, mais on décelait chez le New-Yorkais une réelle personnalité que l’on n’a pas vraiment perçu durant ce concert. À suivre donc...

Changement de registre ensuite avec Jefre Cantu-Ledesma, installé derrière une table, guitare sur les genoux, et caché derrière ce que l’on prendra pour un vieux synthé analogique.
Comme pour faire suite au Révélateur, l’Américain délivre en guise d’introduction une petite mélodie électronique, rapidement rattrapée par un jeu de guitares lancinantes, flottantes, qui se superposent en une sorte de drone qui finira bruitiste et saturé. Le voyant passer régulièrement de la guitare aux machines, on se rend compte que celles-ci lui permettent de traiter le son de sa six cordes de surprenante manière, terminant ce premier passage par un jeu de cassures et déflagrations de basses saturées.
Une étonnante entrée en matière au regard du reste du concert puisque l’on passera ensuite à une petite mélodie électronique (ou guitare traitée), quelques riffs de guitare en guise de ponctuations inattendues, puis à une belle ambient qui progressera vers certaine tension avant de revenir au calme avec des nappes électroniques marquées de pulsations de basses.
On sera donc surpris par la construction de ce set, alternant douceur ambient et rugosité rock, nappes électroniques et saturation des guitares. Une sorte de remise en question perpétuelle et une richesse indéniable faite de douceur et de fractures.

Fabrice ALLARD
le 25/04/2011

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