Yui Onodera & Celer

Generic City

(Two Acorns / Import)

 date de sortie

02/11/2010

 genre

Electronique

 style

Ambient / Field Recordings

 appréciation

 tags

Ambient / Celer / Field Recordings / Two Acorns / Yui Onodera

 liens

Celer
Yui Onodera
Two Acorns

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La rencontre de Celer et Yui Onodera était pour nous une évidence. On a découvert ces deux projets à la même époque, le couple américain et le japonais ont des univers extrêmement proches et la même méthode de travail. Cette rencontre est l’occasion de découvrir Two Acorns, label fondé en 2010 par Will Long (moitié de Celer) qui prévoit de sortir aussi bien des disques, que des livres ou films. En cette époque de dématérialisation de la culture, le jeune artiste insiste sur l’importance de ces objets en tant qu’écrins de nos émotions et de nos souvenirs.

Chacun de leurs côtés, les artistes ont procédé à la captation d’ambiances sonores, l’un au Japon, les deux autres à Los Angeles. Des field recordings variés mais principalement axés sur l’ambiance de villes : bruits de pas, brouhaha de la foule, des voitures qui passent, une annonce dans le hall d’un aéroport, des conversations dans un restaurant, le passage du métro, des enfants dans une cours d’école. Si le Japonais partage le même genre d’ambiance, il fournit également des enregistrements plus "zen" (cloches et prières dans des temples) et quelques bruitages à rapprocher de la nature, craquements de la glace sur un lac et cris d’oiseaux migrateurs que l’on retrouve en ouverture de An Imaginary Tale of Lost Vernacular. L’idée de l’album était de créer en quelque sorte l’ambiance d’une ville nouvelle, cette "cité générique", mêlant et transformant les sources sonores préalablement captées.

Le résultat paraîtra étonnant, bien loin de ce que l’on peut imaginer en terme de paysage urbain, mais tout naturel de la part de ce trio. Si les field recordings sont omniprésents, ils sont aussi habillés de drones et longues nappes instrumentales. Les trois artistes se produisent à la guitare, au violon ou violoncelle, au piano, mais ces instruments sont largement traités, au point de se faire oublier, ne laissant apparaître qu’une tonalité linéaire ou oscillante, mais infinie. Les field recordings sont par contre parfaitement reconnaissables, quasiment diffusés tels quels. Ce sont eux qui donnent corps à cette ville qui, parsemée de nappes et drones nous apparaît finalement comme irréelle, utopique, baignée de lumière, où la vie semble être paisible, y compris sur The Street of a Rainy, Gray Day, malgré un ton un peu plus grave.

Generic City est un superbe album que l’on est tenté de qualifier d’ambient concrète. Pourtant Yui Onodera et Celer sont parvenus à donner au réel des contours flous, nous laissant le vague souvenir d’une cité perdues et rêvée.

Fabrice ALLARD
le 26/04/2011

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