Tim Hecker / Witxes

 date du concert

27/04/2011

 salle

Espace B,
Paris

 tags

Espace B / Tim Hecker / Witxes

 liens

Tim Hecker
Espace B
Witxes

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Près de deux ans après son concert à la Fondation Cartier, Tim Hecker était de retour sur Paris dans le cadre d’une tournée européenne de deux semaines. Le genre d’événement que l’on ne pouvait pas rater, qui était par ailleurs l’occasion de découvrir Witxes, projet du lyonnais Maxime Vavasseur, créant du coup une affiche fort cohérente.
Ce n’est que la troisième fois que l’on venait à l’Espace B, et pour une fois le public semblait être venu en nombre malgré un tarif assez inhabituel pour ce genre de programmation.

Il est un peu plus de 21h quand Witxes s’installe. Le Français prend place derrière une table qui semble déborder de machines. Que du très classique, un laptop, une table de mixage, quelques effets et contrôleurs, mais aussi une guitare. La salle est plongée dans le noir et l’artiste baigne dans la halo de l’écran de son ordinateur. Il s’affaire dans un premier temps sur ses machines, et on est tout de suite bluffé par la musique produite. Une ambient ample et douce, quelques scintillements, mais aussi des nappes sombres et menaçantes, créant un étrange mélange, une sorte de beauté monstrueuse, à la fois envoûtante et dangereuse. Le musicien est extrêmement actif, passant de l’ordinateur aux machines, rendant le concert plutôt vivant pour un live au laptop, et laissant entrevoir que quelque chose se prépare. Petit à petit la tension monte, les nappes se font grésillantes, saturées, et des pulsations rythmique ajoute à la pression.

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Witxes

Un petit quart d’heure particulièrement intense, mais qui perdra de sa force dès que Witxes s’empare de la guitare. Quelques lents accords, on essaye de rester dans l’inquiétant mais c’est le contemplatif qui l’emporte. La chute est d’autant plus difficile que la première partie était intense, et très vite c’est malheureusement l’ennui qui nous guette. On trouvera un petit regain d’intérêt sur les dernières minutes, semblant retrouver le son de l’introduction, mais notre impression finale restera mitigée. Cela ne tient sûrement pas à grand chose, peut-être seulement la construction de ce set.

Vers 22h, la salle est de nouveau plongée dans le noir. Tim Hecker demandera même à ce que la lumière du couloir permettant d’accéder à la salle soit également éteint puisque celle-ci parvenait dans la salle. Le canadien surprend tout le monde puisqu’il ne joue pas sur scène, mais au niveau de la console de mixage, à côté de laquelle il a installé son laptop et un synthé.
La recette est souvent assez simple mais elle fonctionne à merveille : des nappes vibrantes, oscillantes, créant une ambient douce, mais que l’on est tenté de qualifier de "rapide". La fréquence des vibrations, quasi frénétiques, donne une impression de vitesse, d’urgence, à laquelle s’ajoute la montée du volume sonore et l’apparition de textures granuleuses. On se situait donc dans la lignée du concert de Witxes, avec une ambient de toute beauté, puissante, rendue sale, texturée, dégageant de ce mélange une sensation d’extrême beauté.
Quelques flottements sur la fin, vraisemblablement un problème technique qui viendra perturber le canadien, et le concert prendra fin au bout d’une quarantaine de minutes, Tim Hecker quittant la salle. Visiblement pas de stand, bref, un final assez froid mais on gardera le souvenir d’un somptueux concert.

Fabrice ALLARD
le 29/04/2011

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