Piiptsjilling

Wurdskrieme

(Experimedia / Import)

 date de sortie

13/12/2010

 genre

Electronique

 style

Ambient / Drone / Expérimental / Spoken Word

 appréciation

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 tags

Ambient / Drone / Expérimental / Experimedia / Piiptsjilling / Spoken Word

 liens

Experimedia
Piiptsjilling

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Piiptsjilling est un groupe à peu près inconnu, certainement un peu en marge de la scène purement musicale en raison de son activité, à la rencontre de la littérature et de la musique. Le travail de ce quatuor repose en grande partie sur la poésie de Jan Kleefstra, qui donne l’impression de travailler sur la sauvegarde d’une langue ancienne, le frison, issue de la Frise, une région qui longe la Mer du Nord, des Pays-Bas au Danemark. On sera tout de même surpris de trouver un nom connu au sein de cette formation, Rutger Zuydervelt, plus connu en tant que Machinefabriek.

Le premier album du groupe, justement intitulé Piiptsjilling est sorti en 2008 sur le label Onomatopee, une structure néerlandaise pluridisciplinaire. Avec Wurdskrieme qui sort sur le label Experimedia, le quatuor s’ouvre naturellement à un public plus large, et surtout plus axé sur la musique. Mais ce n’est là qu’un détail : la voix qui apparaît certes régulièrement, n’est pas systématique. Par ailleurs le ton, le phrasé de Jan Kleefstra, d’une douceur attentionnée, se marie à merveille aux nappes soyeuses et guitares lumineuses de ses comparses, Romke Kleefstra et Mariska Baars.
Le quatuor est au croisement de l’ambient et de la musique improvisée. De lentes nappes et notes de guitare ouvrent l’album avec Unkrûd (Ill Weeds), un timide chant féminin qui tient plus du chœur, puis la poésie du néerlandais composent une ambient délicate, brumeuse, particulièrement contemplative sur Wurch Ljocht (Tired Light), alors que le claquement des cordes se dilue en nappes lumineuses et que quelques bruissements et frétillements métalliques contribuent au mouvement de l’ensemble.

Parfois, au gré des improvisations, le ton monte. Progressivement de petits cliquetis, des frottements au niveau des micros d’une guitare finissent par créer une texture aquatique, puis granuleuse, tandis que les guitares se font plus graves et menaçantes (Tsjustere Leaten (Sombre Shoots)). C’est également une tension permanente qui habite Sangerjende Wyn (Lilting Wind), avec ici de forts claquements sur le corps d’un instrument, des frottements et grincements sur les cordes, le tout avec une régularité inquiétante. Dans un registre proche, on atteint des sommets avec l’instrumental Utsakke Bui : une improvisation très en avant, guitares et manipulations d’objets qui se fondent petit à petit dans un drone à la fois puissant et apaisant.
Le quatuor nous a gardé le meilleur pour la fin avec un doux retour au calme à base de nappes de guitares, rapide égrenage de notes, et la création d’un drone et de nappes hachés, des pulsations envoûtantes sur Ferware (Worn Down).

Wurdskrieme, c’est une sorte de conte que vous raconterait un vieil ami, un vague souvenir dont on ne sait s’il est réel, si c’était un rêve. Une douceur vague, un flottement hors du temps. Le mystère que dégage l’album pourra en parti être levé à la lecture du packaging qui reprend l’intégralité des poèmes, en frison mais également traduits en anglais.

Fabrice ALLARD
le 01/05/2011

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