Marcus Schmickler

Palace Of Marvels [Queered Pitch]

(Editions Mego / La Baleine)

 date de sortie

00/11/2010

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Minimal

 appréciation

 écouter

New Methodical Limits of Ascension

 tags

Editions Mego / Expérimental / Marcus Schmickler / Minimal / Pluramon

 liens

Marcus Schmickler
Pluramon
Editions Mego

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Après Mark Fell il y a deux jours, le hasard des sorties fait que l’on enchaîne avec une nouvelle production très conceptuelle. Comme les petits rappels ne font jamais de mal, Marcus Schmickler est connu en tant que membre du collectif MIMEO et surtout pour son projet Pluramon qui nous a valu de très beaux albums mais dont nous gardons malheureusement le souvenir d’un triste concert au Centre Pompidou en 2004. En solo, l’Allemand produit une musique nettement plus expérimentale et collabore avec des improvisateurs tels que Thomas Lehn ou Keith Rowe.

Tout comme son précédent album solo, Altars Of Science, Palace Of Marvels est édité par le label autrichien Editions Mego, un élément déjà annonciateur d’un certain parti pris esthétique. Mais parlons d’abord d’illusion d’optique et en particulier celle-ci qui illustre à merveille l’idée qui a servi de point de départ à cet album. Dans cette illusion, un rectangle d’un gris uniforme est placé au centre d’un dégradé de gris, donnant l’impression que ce rectangle est lui aussi un dégradé. De la même façon Marcus Schmickler travaille ici sur une illusion auditive qui consiste à superposer des tonalités, puis en faire varier une, donnant l’illusion d’une montée ou descente infinie de la part d’une tonalité qui est en fait statique. Il travaille donc sur la relativité de la perception en fonction de l’environnement, un sujet assez classique mais concentré ici sur des composantes inhabituelles. Pour ceux qui souhaiteraient approfondir le sujet, il s’agit de la gamme de Shepard dont on trouve des explications plus techniques par ici.

L’album est donc composé de 12 pièces, 12 études basées sur ce principe. Il en résulte un album très minimaliste, froid, d’une rigueur mathématique qui en rebutera certainement plus d’un. Chaque piste est construite sur des boucles de tonalités limpides, des bleeps doux mais marqués, qui se croisent indéfiniment, semblant osciller sans cesse. Mais une fois que l’on connait le procédé, on se demande si ce que l’on entend est réalité ou illusion...
Cette impression de montée infinie n’est pas aussi marquée sur tous les morceaux. Certains titres se voient salis, l’Allemand invitant des sonorités un peu plus crades, froissées, grésillantes, quelques souffles numériques qui servent à créer un rythme (Cursive Phasing). Au contraire, un morceau comme Risset Brain Hammer (en référence à Jean-Claude Risset, compositeur français ayant travaillé sur le même sujet) avec ses plus de 8mn, est une véritable démonstration de l’effet, décliné de multiples manières.

C’est aussi là le problème. Palace Of Marvels est un disque purement expérimental, conceptuel, mais qui ne va guère plus loin que ce simple constat. Les sonorités changent assez régulièrement pour éviter de lasser (Smooth Hang (Gliding) s’appuie sur un ronronnement régulier, Mystery Bouffe utilise un son de laptop se rapprochant du clavecin), mais le fond reste le même et l’ennui nous guette bien avant l’heure que dure l’album.
On se fera juste surprendre par le dernier morceau, justement intitulé Palace Of Marvels, avec un drone grave qui ne cesse d’évoluer, répondant lui aussi aux mêmes expérimentations avant s’embrayer dans un deuxième temps sur des tintements aquatiques, comme si des gouttes de pluie venaient s’écraser sur un glockenspiel.

Palace Of Marvels est donc un disque froid, un étude dont on regrettera qu’elle n’aille guère plus loin que cela, cantonnant ce disque à un public averti.

Fabrice ALLARD
le 05/05/2011

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