Vladislav Delay Quartet

 date du concert

06/05/2011

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

 tags

Derek Shirley / Instants Chavirés / Lucio Capece / Mika Vainio / Vladislav Delay

 liens

Mika Vainio
Vladislav Delay
Instants Chavirés
Lucio Capece

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On était un peu surpris de voir cette formation à l’affiche des Instants Chavirés, n’ayant jamais entendu parlé de ce quatuor auparavant. Il n’est pourtant pas vraiment nouveau, leurs premiers concerts datant de 2009, mais il n’y avait toujours pas de production discographique jusque là. Le premier album sort ce mois-ci, occasion pour le quatuor de faire une petite tournée européenne incluant notamment trois dates françaises et le festival All Tomorrows Parties.

À la base de cette formation, Vladislav Delay que nous avions un peu perdu de vue après ses productions solo chez Mille Plateaux et Staubgold, puis son rôle de batteur dans AGF/Delay. On avait déjà vu Mika Vainio (machines, moitié de Pan Sonic) avec Lucio Capece (cuivres) aux Instants il y a 3 ans, et ce n’était donc guère une surprise de les retrouver ici. Quant à Derek Shirley, il est connu pour être membre du groupe noise rock Monno, mais on l’avait également croisé prêtant main forte à Taunus.
On arrive dans la salle vers 21h, heure théorique de début de concert, et on sera surpris du peu de monde déjà présent, ainsi que de la configuration assise qui s’avéra en réalité parfaitement adaptée. C’est finalement vers 21h20 que les quatre musiciens prennent place.

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Lucio Capece

On se rappelait tellement de Lucio Capece à la clarinette ou au saxophone qu’il nous surprend en délivrant un long drone à l’harmonium en guise d’ouverture tandis que Vladislav Delay passe ses mains sur les peaux de ses tambours, donnant de petits coups frétillants sur une belle intro très douce, très ambient. De part son nom et la présence de certains musiciens, on s’attendait à un set relativement improvisé. Étrangement l’interprétation très propre, millimétrée, ne semble laisser que très peu de place à l’instantanéité. Le groupe interprète des morceaux aux contours bien délimités, se permet 1 ou 2 secondes de silence et passe au morceau suivant, sans applaudissement, mais bifurquant dans une toute autre direction, ne laissant aucun doute sur les limites de chaque titre.
Après l’ambient du morceau d’introduction, on aborde un style plus jazz, marqué par un tempo de contrebasse métronomique, une rythmique boitillante, et le saxophone plus libre de l’argentin. On avait jusque là un peu de mal à apprécier l’apport de Mika Vainio, peut-être trop subtil dans le traitement du travail de ses comparses, mais il ne manquera pas de se faire remarquer sur le troisième morceau avec une grosse rythmique à base de basses électroniques, à la manière de ce que l’on trouvait chez Pan Sonic. Logiquement le jeu de Vladislav Delay décolle et Lucio Capece se lâche un peu plus.

Au bout de trois titres, on aurait a peu près faire le tour du registre sonore du quatuor. Les variations se font ensuite sentir au niveau du tempo. Mika Vainio délivre par exemple ces mêmes basses assourdissantes, mais de manière plus posée, laissant la place aux expérimentations des autres musiciens : Vladislav Delay et sa batterie affublée d’une multitude de gadgets, Lucio Capece qui fait tourner des billes dans des boites de conserve disposées sur le pavillon de sa clarinette, Derek Shirley, plus sage, passant à l’archet au lieu de marquer le rythme.

Le groupe jouera une bonne heure, 8 titres de 7-8mn, et on imagine donc que ce concert était très proche de l’album qui sortira ces prochains jours sur le label londonien Honest Jon’s.

Fabrice ALLARD
le 08/05/2011

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