Nicolas Bernier

courant.air

(Ahornfelder / Import)

 date de sortie

15/12/2010

 genre

Electronique

 style

Contemporain / Expérimental / Folk

 appréciation

 écouter

8 extraits (MP3)

 tags

Ahornfelder / Contemporain / Expérimental / Folk / Nicolas Bernier

 liens

Ahornfelder
Nicolas Bernier

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Par deux fois déjà nous avons parlé de Nicolas Bernier, compositeur canadien mêlant habilement les musiques nouvelles, électroniques, dont nous parlons ici (ambient, electronica, glitch) et une approche contemporaine, se frottant notamment à la musique concrète. Croisé chez No Type et sur sa propre structure Ekumen, on le retrouve aujourd’hui de ce côté de l’Atlantique avec cette nouvelle production qui sort chez Ahornfelder. Le label allemand ne cesse d’élargir son champ d’exploration, sans aucune faute de gout.

Avec courant.air, Nicolas Bernier poursuit un travail entamé en 2007 avec le guitariste Simon Trottier. Si sur la forme, on retrouve les éléments des précédents albums (effets électroniques, cassures, syncopes), la guitare apporte une toute autre tonalité, la plupart du temps folk, éventuellement blues, par exemple sur Soubresauts. L’autre composante majeure de l’album consiste en des souffles. Quoi de plus normal pour un disque intitulé courant.air !
L’inspiration provient des berges du St Laurent et du constat de l’importance du vent, en tant qu’élément de construction et destruction (érosion), d’énergie, de source de mouvement et donc de transport (bateau) et enfin comme source sonore. On pourra d’ailleurs s’étonner, suivant cette logique, de ne pas trouver de cuivres sur cette production...

Les intentions et éléments étant présentés, nous allons passer aux choses concrètes à travers quelques morceaux aux titres explicites. L’album s’ouvre sur Bourrasques Électriques, succession de ronronnements et cassures, frétillements et chuintements, interjections de souffles et bleeps de machines, à peine perturbés par quelques accords de piano et guitare. On entre plus franchement dans le vif du sujet avec Déplacement Des Particules, véritable duo de guitare et souffles qui semblent tout autant créés par l’électronique que par un jeu de percussions improvisées (longs frottements sur une plaque métallique).
D’un autre côté, le charmant Petit Port Bien Abrité est logiquement d’un apaisement déconcertant et plein de poésie : mélodie de guitare limpide, doux piaillement d’un oiseaux, petits coups d’un archet sur les cordes semblant imiter le bruits des bateaux, mus par les vagues. On terminera par Erosion (Jusqu’à Plus Oultre), dernier titre de l’album qui nous permet de parler de quelques tensions inattendues. Après une série de micro-bruitages, samples de cordes joués à l’envers, alternance de guitare et silences, l’électronique finit par trouver sa place, s’incruster, et redoubler d’intensité : tintements métalliques, bruitages syncopés et brouillages sonores, une véritable tempête bruitiste qui se terminera brutalement.

On sera peut-être un peu moins sensible à la teinte folk de cette nouvelle production, mais on retrouve ici tout le talent de Nicolas Bernier, tout en finesse et précision, mais sans oublier la pointe de poésie qui en fait tout le charme.

Fabrice ALLARD
le 10/05/2011

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