Luciano Maggiore + Francesco "fuzz" Brasini

Chàsm’ Achanès

(Boring Machines / Import)

 date de sortie

00/01/2011

 genre

Electronique

 style

Ambient / Drone

 appréciation

 tags

Ambient / Boring Machines / Drone / Francesco ’fuzz’ Brasini / Luciano Maggiore

 liens

Boring Machines
Luciano Maggiore
Francesco ’fuzz’ Brasini

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Luciano Maggiore et Francesco Brasini sont deux artistes italiens, basés à Bologne. Nous ne les avons jamais croisé jusque là et il s’agit ici de leur première production sur le label italien Boring Machines, sur lequel nous avons déjà croisé Philippe Petit. Francesco Brasini est avant tout guitariste, un instrument avec lequel il expérimente depuis la fin des années 80, allant jusqu’à construire ses propres prototypes qu’il utilise sur ce disque. Le parcours de Luciano Maggiore est un peu plus éclectique, allant du cinéma à la musique, et travaillant dans ce cadre à base de bandes magnétiques et effets électroniques. Son spectre d’expérimentations est assez large, influencé par l’architecture, la musique concrète, il est aussi très actif sur la scène des musiques improvisées via le collectif Phonorama.

L’album a été enregistré en une seule fois, et il se compose d’une piste unique de près de 36 minutes. Il ne s’agit pas d’un concert mais Chàsm’ Achanès bénéficie tout de même d’une dimension live, improvisée, d’une instantanéité non négligeable. Le duo joue par contre dans un registre ambient-drone qui nous permet de relativiser l’importance de l’improvisation. En effet cette pièce est un long développement au sein duquel les éléments prennent le temps de s’installer, s’immisçant même à l’insu de l’auditeur.
Chàsm’ Achanès s’ouvre sur un drone très propre, très appliqué, que l’on pourrait attribuer à un violoncelle ou à la sirène d’un bateau. Celui-ci cesse, puis reprend avec une régularité imperturbable, faisant preuve d’un minimalisme exigeant, forçant l’admiration. Et puis petit à petit, très lentement, de nouveaux éléments apparaissent, de subtiles variations ou accidents se révèlent. D’abord un nouveau drone au second plan, plus lumineux, de légers grincements, et quelques claquements de cordes qui nous rappellent que ce sont des guitares qui sont à l’origine de cette musique.
Et puis le temps donne l’impression de se distendre. Parfois la sirène jusque là très régulière, semble oublier de s’arrêter. Quelques irrégularités au sein du drone, comme des frétillements rapides, évoquent des cuivres, un saxophone peut-être qui se joint aux guitares, mais ce n’est surement qu’une illusion. Et finalement une sorte de souffle léger prend place et toutes les sources sonores jouent de concert, délivrant un drone dense, épais mais équilibré, qui se révèle être véritablement hypnotique.

Le genre de production sortie de nulle part, qui s’avère être une grosse surprise, ce n’est que du bonheur. Il s’agit d’un album clairement axée sur les drones, à conseiller aux fans de Phill Niblock, avec une construction moins linéaire.

Fabrice ALLARD
le 13/05/2011

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