V/A

Drinking the Goat’s Blood

(Record Label Records / Import)

 date de sortie

15/02/2011

 genre

Electronique

 style

Ambient / Electronica / Expérimental

 appréciation

 écouter

22 titres (Flash)

 tags

Ambient / Column One / Dalglish / Electronica / Expérimental / Fluorescent Grey / Mike Dunkley / Nommo Ogo / Record Label Records / Tomoroh Hidari

 liens

Column One
Fluorescent Grey
Record Label Records
Dalglish
Tomoroh Hidari
Nommo Ogo
Mike Dunkley

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Peu connu chez nous, Record label Records (RLR) est un label américain, basé à Oakland, connu pour quelques productions IDM pointues mais qui joue également sur d’autres registres, plus difficiles à cataloguer. Les artistes que l’on trouve chez RLR sont également peu médiatisés, se frottant à des approches aussi variées que le dubstep (Kush Arora), l’electronica (Fluorescent Grey), l’ambient (Dalglish) ou un krautrock psychédélique (Nommo Ogo).
Après avoir parlé de quelques uns de ces artistes au travers de chroniques de disques, nous allons découvrir plus largement ce label avec deux compilations sorties simultanément. Le première, aujourd’hui, est consacrée aux travaux les plus expérimentaux, ou du moins inclassables. On devrait aborder le deuxième volet dans deux semaines avec Electric Carpets, consacré à des musiques plus dansantes.

Avec ses 19 pistes pour 76mn, Drinking the Goat’s Blood est assez colossale. Afin d’en simplifier la lecture, on l’abordera en fonction des différentes approches musicales. Commençons par Wobbly, seul artiste à présenter deux titres qui partagent une certaine richesse. Ça part un peu dans tous les sens, expérimentations rythmiques et bruitages électroniques sur I Can’t Speak, bleeps ludiques, spoken word et comptine déglinguée sur A Wall Of Blood.
On notera ensuite deux pistes où règne l’abstraction. Le Nuke Concrete d’Ata Ebtekar intègre des éléments d’une musique contemporaine électroacoustique tandis que Dalglish nous donne l’impression de composer une musique concrète concassées, malmenée par les machines. On sera surpris de retrouver Column One ici, avec une longue piste dominée par des improvisations vocales et rythmiques...

On passera ensuite à des artistes travaillant plus spécifiquement sur le son, mêlant minimalisme et gros traitements électroniques. C’est le cas de Mike Dunkley à base de basses lourdes et d’un traitement vocal mécanique, et de Fluorescent Grey, Candle Labra ou encore Claroscent Dray qui œuvrent à partir de sonorités métalliques. Les amateurs de field recordings accrocheront quant à eux plus facilement sur l’Iceberg Marimba de Jacob Jarnigon qui produit une musique à base de morceaux de glace et d’ambiances aquatiques.

L’electronica reste un genre très présent sur cette compilation. On en retrouvera quelques influences tantôt au niveau du choix des sonorités, tantôt au sein de constructions rythmiques, mais les artistes ici présents sortent tout de même des sentiers battus. Nommo Ogo y va franchement avec des basses rythmiques lourdes, crunchy, des breakbeats et des bruitages nasillards. En comparaison, les rythmiques de Wisp paraitront bien classiques tandis que ses sonorités mélodiques se vrillent, rappelant ici certaines productions d’Autechre. Petit coup de cœur ensuite pour Senryl avec un joli décalage entre des sonorités mélodiques originales et des percussions plutôt datées, très kraftwerkiennes.
Un peu plus atypique, on notera les guitares triturées de Sean Niessen qui intègre de légères influences vidéoludiques, et Upside Down Umbrella qui surprend en mêlant ambient glacée et abstractions rythmiques.

On terminera avec trois titres qui se situent justement dans un registre plus ambient. L’approche de Contagious Orgasm est assez minimaliste, se concentrant sur la beauté de quelques sons, drones électroniques et coups de basses. Le tempo se calme en fin de disque, et c’est l’occasion de découvrir le joli travail de 10-20 dans un premier temps avec des bruitages rythmiques épars reliés par une nappe soufflante et soyeuse, puis Tomoroh Hidari qui conclut dans la pénombre avec ses grognements électroniques et nappes infinies, de toute beauté.

Une compilation clairement dominée par l’éclectisme et l’expérimentation. De quoi satisfaire à peu près tout le monde, mais avant tous les oreilles curieuses. A noter que la version numérique contient 3 pistes supplémentaires.
Rendez-vous dans quelques jours pour la suite, plus dansante, mais où l’on retrouvera quelques artistes ici présents.

Fabrice ALLARD
le 15/05/2011

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