Farah Atassi / Élodie Lesourd

 date

du 22/05/2011 au 17/07/2011

 salle

Les Églises,
Chelles

 appréciation
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Élodie Lesourd / Farah Atassi / Les Églises

 liens

Les Églises

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Au risque que la critique d’exposition supplante la critique d’art, force est de constater que notre appréciation des créations plastiques dépend en bonne partie de la manière dont elles sont accrochées et, plus généralement, du contexte dans lequel elles sont présentées. Nouvel exemple avec ces deux mini-expositions personnelles (quatre œuvres chacune) que les Églises de Chelles consacrent à deux jeunes femmes : Farah Atassi et Élodie Lesourd.

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Farah Atassi - Dirt House IV
(courtesy Galerie Xippas)

Déjà évoquée dans ces pages, la première montre quatre grandes toiles dont les qualités ne sont nullement ici en cause. De fait, on retrouve le goût de la plasticienne pour la géométrie, la retranscription des intérieurs, la peinture d’une nature morte faisant aussi office de témoignage d’une présence humaine passée (Dirt House IV) ou ses influences minimalistes. Pourtant, l’accrochage de ces toiles nous laisse sceptiques : autant les œuvres de Farah Atassi trouvent-elles parfaitement leur place en galerie ou dans des espaces type friche industrielle (le Palais de Tokyo, où elle exposait dans le cadre de Dynasty l’an passé, le Salon d’art contemporain de Montrouge), autant leur disposition à même le sol dans une ancienne église du VIe siècle fonctionne nettement moins.

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Elodie Lesourd - The Things That We’ve Learnt Are No Longer Enough
(courtesy Galerie Olivier Robert)

À l’inverse, Élodie Lesourd tire utilement parti du lieu, réhabilité depuis quelques années en centre d’art contemporain, en réactivant par la peinture une intervention que réalisa Gareth Phelan dans un musée d’antiquités à Dublin. Ainsi, quand elle peint la trace laissée sur le mur du musée par une projection de cendres, elle prend le soin de suspendre cette petite toile carrée à proximité d’ouvertures de l’église (The Things That We’ve Learnt Are No Longer Enough). Il en va de même quand elle dessine au sol des lignes noires retraçant les incendies d’églises norvégiennes perpétrés par des fans d’heavy metal pendant une même année civile (36 Lines To Herostratrus). Ce mémorial à des églises trouve alors pleinement sa place dans cette ancienne église.

François Bousquet
le 13/07/2011

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