Chapter 24 & Philippe Petit

The Red Giant Meets the White Dwarf

(Boring Machines / Import)

 date de sortie

00/01/2011

 genre

Rock

 style

Ambient / Improvisation / Post-Rock

 appréciation

 tags

Ambient / Boring Machines / Chapter 24 / Improvisation / Philippe Petit / Post-Rock

 liens

Philippe Petit
Boring Machines
Chapter 24

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C’est à l’occasion de leurs 25 ans d’activisme musical que Chapter 24 et Philippe Petit se retrouvaient sur la scène du BIOS à Athènes en mai 2008. Chapter 24 est en réalité une traduction de leur vrai nom, Kefalaio 24. Il s’agit d’un trio composé de Vangelis Boulouhtsis (basse), Pericles Boulouhtsis (guitare) et Antonis Livieratos (claviers, mandoline) auquel se joignait donc le français avec ses platines et field recordings. C’est cette collaboration, en grande partie improvisée et légèrement enrichie par la suite qui est documentée sur ce disque.

Depuis un an, nous avons chroniqué de nombreuses productions signées Philippe Petit, parfois en solo, mais très souvent sous forme de collaborations avec une répartition plus ou moins égale des tâches. Se produisant ici avec un groupe déjà formé et actif depuis 1982, le français passe ici au second plan et cet album est surtout l’occasion de découvrir le groupe grec.
Chapter 24 est en grande partie basé sur un couple guitare / basse, Antonis Livieratos manipulant l’ensemble avec des machines, ajoutant quelques sonorités et effets électroniques mais le ton général change un peu quand Livieratos passe à l’orgue ou au piano. Le travail du trio grec nous paraitra dans un premier temps très rock avec des grondements et des coups donnés sur les guitares, avec quelques influences prog-rock sur Sunstroke et plus encore Underwater Magma qui servent d’ouverture. On y retrouve les boucles de basse, répétitives et hypnotiques, un style coulé au sein duquel on perçoit les manipulations de vinyles de Philippe Petit.

On devine l’improvisation sur le brumeux Phosphorescence, dans une pure lignée post-rock ambient, éclairé de quelques tintements proches du vibraphone. Sans aller jusqu’à parler de musique sombre, on qualifiera l’ambiance générale de nocturne, à l’image de cette pochette faisant penser à la lune que l’on percevrait à travers des branchages. Ainsi l’ambient de Amnesia est grave mais douce, parsemée de souffles, ponctuée de tintements de glockenspiel, de petits bruitages improvisés à la basse avant que des flottements d’orgue ne viennent enrober l’ensemble.
Avec ses 10mn, Border Zone nous permet de comprendre comment le groupe fonctionne. Partant d’improvisations timides, rapides frétillements de guitare et coups donnés sur les instruments, les musiciens font lentement monter la sauce tandis que les craquements de vinyles de Philippe Petit donnent les tempo. Petit à petit l’ensemble fusionne et s’achève sur un mélange de drones, nappes d’orgue et souffles. L’arrivée du piano sur les deux derniers titres change un peu le ton, façon balade d’adieux sur grondements de violoncelle (Ursa Minor).

Agréable, juste milieu entre mélodies et expérimentations, cet album possède une véritable ambiance, un univers personnel au sein duquel Philippe Petit a parfaitement trouvé sa place.

Fabrice ALLARD
le 30/05/2011

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