Mem1

Tetra

(Estuary Ltd. / Metamkine)

 date de sortie

22/12/2010

 genre

Electronique

 style

Ambient / Drone / Improvisation

 appréciation

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3 extraits (Flash)

 tags

Ambient / Drone / Estuary Ltd. / Improvisation / Mem1

 liens

Mem1
Estuary Ltd.

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Mem1 est un couple formé par Laura et Mark Cetilia. Nous les découvrons avec cette production qui sort sur leur label nouvellement créé, mais Mem1 a été fondé à Los Angeles en 2003. Ils ont déjà trois albums à leur actif et de nombreuses collaborations avec Steve Roden, Jan Jelinek, Frank Bretschneider ou encore Stephen Vitiello pour un nouvel album qui vient tout juste de sortir chez Dragon’s Eye Recordings. Tetra est sorti en édition limitée à 300 exemplaires numérotés, uniquement en vinyle.

Laura est au violoncelle, Mark est aux synthés modulaires, et tous les deux se servent d’outils électroniques afin de manipuler leur matière première. Étrangement, on a tendance à confondre les sonorités produites par la jeune femme avec celle de cuivres. Le frottement de l’archet qui ne produit aucune tonalité, rien qu’un souffle, fait penser à une timide improvisation de saxophone. Petit à petit le son monte et les grincements de cordes finissent par apparaître, lents et inquiétants, menaçants. La musique de Mem1 s’apparente à une longue plage en mouvement perpétuel, d’une douceur teintée d’amertume, à la fois feutrée et accidentée dans la mesure où les instruments sont toujours retenus, où les notes restent à mi-chemin, entre la tonalité pure et le simple bruit qui permet d’obtenir la note (ici le glissement d’un archet).

Avec Caldera, le duo opte pour un style pour affirmé. Une véritable rivalité s’installe entre les grincements lointains et traités du violoncelle et les souffles grésillants provenant des machines. Quand la fusion opère, c’est dans une puissante montée bruitiste qui s’achève cut up.
Si la musique de Mem1 paraît généralement abstraite, l’auditeur attentif appréciera les ébauches, les suggestions mélodiques qui apparaissent avec parcimonie mais qui permettent de ne pas "sombrer" dans le bruitisme gratuit. Ici ce sont quelques graves accords de violoncelle qui jouent ce rôle, et on se rapproche de drones sur Hræsvelgr, toujours très lent et sombre, apaisé et dérangé, à la manière du murmure d’une voix cassée, éraillée, exténuée.

D’abord surprenant par son traitement sonore, par cette volonté de salir le son de leurs instruments, Tetra finit par révéler sa véritable beauté pour séduire les amateurs de drones flottants.

Fabrice ALLARD
le 04/06/2011

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