Cristian Vogel

Black Swan

(Sub Rosa / Orkhestra International)

 date de sortie

00/12/2010

 genre

Electronique

 style

Contemporain / Expérimental / Electroacoustique

 appréciation

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 tags

Contemporain / Cristian Vogel / Electroacoustique / Expérimental / Sub Rosa

 liens

Sub Rosa

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On connaissait surtout Cristian Vogel pour ses travaux electro/techno dans les années 90 et puis on l’avait un peu perdu de vu par la suite avant de le retrouver en 2005 pour la bande son de Steak House, un spectacle de danse du chorégraphe Gilles Jobin, avec lequel il collabore désormais régulièrement. Black Swan est d’ailleurs un spectacle du chorégraphe suisse réalisé en 2009 et qui voit ici sa bande son publiée par l’exigeant label belge Sub Rosa.

À mille lieues de la techno des années 90, Cristian Vogel met ici au premier plan son travail d’expérimentateur et produit une musique que l’on croirait parfois sortie des studios du GRM. N’ayant pas vu le spectacle, on ne saurait dire de quelle manière la musique se décline sur scène, mais l’album est divisé en trois pièces de 21, 13 et 15 minutes. On est donc surpris par l’ouverture, une musique contemporaine épurée, mettant l’accent sur le choix des sonorités, entre basses électroniques et tintements acoustiques, très certainement samplés pour être interprétés et manipulés à la manière de notes de synthèse.
Au fil de ces longues pièces, les constructions évoluent imperceptiblement. De nouveaux éléments apparaissent, d’autres s’effacent, et Cristian Vogel emmène danseurs et auditeurs vers des terres plus rythmiques, à base de frétillements métalliques, de tintements de cloches et claquements secs sur des passages que l’on qualifiera ici de sautillants avant de bifurquer vers des ronronnements hachés et des crépitements fracturés.

On perçoit un peu mieux le processus de création sur Rocks In Motion avec ses bruitages granuleux, bris de verre, coups sur objets en métal et bois qui finissent par composer une texture. Petit à petit l’acoustique prend place avec des percussions métalliques qui résonnent comme un gong quelques notes de piano, puis des frottements et grincements qui nous rappellent une séance d’improvisation aux cymbales.
La musique de Cristian Vogel se situe ici à mi-chemin entre une espèce de marche inéluctable, une progression que rien ne peut arrêter, et une fragilité, des accidents qui sèment le doute. Ainsi les petits frétillements mécaniques (et donc imperturbables) qui ouvrent Basecamp Beasts se voient marqués par les dérapages d’un archet, pour finir sur des couinements et ronronnements nasillards.

Une musique expérimentale qui risque de surprendre les anciens fans de Cristian Vogel. On trouvera quant à nous un peu frustrant de se limiter à la bande son et on se dit que cette sortie est l’occasion de se dire que l’on devrait retourner voir les spectacles de Gilles Jobin.

Fabrice ALLARD
le 06/06/2011

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