Diamond Gloss

Bears

(Fluttery Records / Import)

 date de sortie

25/01/2011

 genre

Electronique

 style

Ambient / Glitch / Post-Rock

 appréciation

 écouter

8 titres complets (Flash)

 tags

Ambient / Diamond Gloss / Fluttery Records / Glitch / Post-Rock

 liens

Fluttery Records
Diamond Gloss

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Diamond Gloss est le projet d’un seul homme, le portugais Gonçalo Pereira, 26 ans, auparavant leader de How Comes The Constellations Shine. Pourtant à l’écoute de Bears, son premier album, on jurerait qu’il s’agit là d’un véritable groupe croisant acoustique et électronique, reprenant un peu les choses là où Múm les a malheureusement abandonnées.
On découvre à cette occasion le label Fluttery Records avec un disque qui représente parfaitement la structure américaine qui se construit sur un axe post-rock au sens large, pouvant lorgner aussi bien vers l’électronique que vers une musique néoclassique. Nous auront l’occasion de revenir sur ce label dans les semaines à venir.

L’introduction est assez atypique avec une musique qui semble venir de loin, mélange de guitare et piano réverbéré dont on semble se rapprocher. I Am Black And Blue All Over est une introduction que l’on aurait qualifié d’interlude si elle n’avait pas été placé en ouverture de l’album. Par ailleurs, le Portugais produit plutôt de longues pièces, des envolées de 10-12mn qu’il maîtrise à merveille. Le principe est certes toujours à peu près le même, l’instrumentation ne change guère, mais l’album ne souffre pourtant pas d’un effet de répétition.
Le Portugais débute généralement en douceur, intégrant une électronique dont on appréciera l’aridité (crépitements et crachotements de Canadians, textures grésillantes et crissantes de Argyle Square) ou l’évocation (enregistrement d’une vieille machine à écrire sur Walnut And Trees Tables, field recordings de Fawns). Le jeune artiste joue bien souvent avec les contrastes, plaçant ici de belles mélodies, évidentes et lumineuses, mettant en avant piano et glockenspiel, intégrant parfois quelques tournoiements et nappes de guitares qui lui vaudront éventuellement quelques comparaisons avec Sigur Ros.

Une fois les éléments en place, la suite semble couler de source. Les mélodies prennent de l’ampleur, de la hauteur, divers accompagnements font leur apparition sous forme de plages éthérées, boucles mélodiques et composantes rythmiques, un genre de maracas sur Canadians ou de superbes claquements et crépitements secs sur Walnut And Trees Tables. Petit à petit le son se dilue, tous les éléments s’emmêlent, fusionnent en une abstraction ambient, une rêverie tout juste relevée de petits tintements éclatants et crépitements (Argyle Square) ou d’une mélodie de piano (Filter Fat Corner).
La fin de l’album nous apparaîtra cependant un peu plus sage, moins pétillante. À partir de Glasses, le Portugais opte pour un tempo plus calme, et choisit l’épure sur Step Piece, mettant en avant un piano, vaguement accompagné de field recordings et de quelques nappes de guitares tournoyantes. Du coup le caudal Fawns fait figure de rêve éveillé, au milieu des esprits de la forêt et s’achevant au bord d’une rivière.

D’une originalité certes modérée, ce premier essai nous apparait toutefois quasiment parfait, efficace et superbement maîtrisé. Un artiste très certainement prometteur.

Fabrice ALLARD
le 12/06/2011

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