Two Left Ears

Lazy Trace

(Laybell / Internet)

 date de sortie

17/01/2011

 genre

Electronique

 style

Hip-Hop / Trip-Hop / Breakbeat

 appréciation

 tags

Breakbeat / Hip-Hop / Laybell / Trip-Hop / Two Left Ears

 liens

Two Left Ears
Laybell

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Two Left Ears, voilà un nom de groupe qui ne manque pas de piquant. À l’origine de cette formation, on trouve Mathieu Adamski (aux machines et platines) et Mathieu Deprez (à la contrebasse). Les deux hommes viennent du hip-hop tout en revendiquant quelques influences du côté de la musique classique et du free jazz. Ils ont ensuite été rejoint par Asako Fujimoto qui apporte une composante acoustique (ukulélé, glockenspiel) et se produit au chant par deux fois sur ce disque. Enfin, Pierre St Dizier (batteur de Brisa Roché) est là pour donner vie aux rythmiques du combo.
Laybell est un label (ah ah !) créé par un collectif qui rassemble les membres de plusieurs groupes, parmi lesquels on trouve Luminocolor, Shiko Shiko, Joy With Colors et bien sûr Two Left Ears. Nous auront certainement l’occasion d’y revenir.

Lazy Trace a d’abord vu le jour il y a un an sur Bandcamp avant de connaitre une sortie japonaise fin 2010. C’est en ce début d’année que l’album est apparu de manière plus officielle sur les principales plateformes d’écoute et téléchargement (Deezer, Spotify).
On y retrouve effectivement quelques influences hip-hop, mais cette nouvelle formation est bien loin des clichés du genre. Two Left Ears en reprend quelques structures rythmiques, use de samples en tout genre, rappelant par ses extraits de dialogue les ambiances cinématographiques de As The Stars Fall, joue avec les cassures, breakbeats (18eme), lorgne vers un trip-hop quand le tempo se calme (<>), aidés en ce sens par la voix feutrée, le chant susurré de Asako Fujimoto.

Ce qui marque chez Two Left Ears, c’est avant tout la densité. Une débauche de sons, notes et samples, instruments et machines qui produisent une musique riche, alambiquée, complexe qui pourra paraître bricolée mais qui ne perd pourtant jamais son sens mélodique. À la manière de Hypo, le combo hip-jazz joue et explore les possibles combinaisons sonores, croise univers vidéoludique barré et ballade romantique sur 6 Pack Of Dools tandis que l’album s’ouvrait sur une approche plus acoustique, plus live avec un joli jeu de basse et cordes sur Bain De Cendres ou A Night Parade With Pinocchio.
On regrettera tout de même un manque de prise de risque. While Time Was Leaving Streets And Corners par exemple nous apparaît un peu trop calibré, trop sage, et la composition à base de samples et boucles rythmiques se révèle parfois ennuyeuse, semble faire preuve de facilité par manque de renouvellement. On préfèrera de loin les croisements les plus improbables, piano et cordes classique sur les fractures rythmiques du superbe Cadece Ecarlate ou de Overnight Scratch.

Un premier essai qui souffre de quelques défauts mais qui s’avère être plutôt encourageant. On regrettera la durée de l’album, trop long (54mn) pour une musique aussi dense et qui reste très uniforme sur la longueur.

Fabrice ALLARD
le 13/06/2011

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