Alterminimalismes #4 : Stephan Mathieu / Quatuor Béla

 date du concert

09/06/2011

 salle

Collège des Bernardins,
Paris

 tags

Collège des Bernardins / Stephan Mathieu

 liens

Stephan Mathieu
Collège des Bernardins

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Nous n’avions pas fait le déplacement pour la troisième, mais nous voici de retour au Collège des Bernardins pour la quatrième soirée Alterminimalismes qui nous permettait de revoir Stephan Mathieu, quelques mois après son passage aux Voûtes, et de découvrir le Quatuor Béla. À l’image des précédentes éditions, la soirée était divisée en deux parties avec d’une part une relecture du répertoire classique contemporain et d’autre part une exploration du minimalisme électronique.

Contrairement aux précédentes soirées Alterminimalismes, celle-ci se déroulait dans la nef au lieu de l’auditorium. On remarque tout de suite les 4 chaises et pupitres disposés pour le Quatuor Béla qui allait jouer entouré par les spectateurs.
On sera assez rapidement bluffé par le jeu des quatre lyonnais, débutant par une pièce de Walter Hus, toute en contrastes, cassures et envolées. C’est d’ailleurs une caractéristique que l’on retrouvera dans plusieurs pièces jouées ce soir, donnant l’impression d’être en permanence sur la corde raide. Étonnants ensuite les glissements et croisements de tonalités du Quatuor à cordes n°5 de Giacinto Scelsi. Un travail extrêmement moderne, proche de ce que l’on peut écouter chez les spécialistes du drone, pour une l’ambiance ici plus grave. Le quatuor restera dans ce genre de tonalité avec des extraits du Four de John Cage.
Après une longue séance d’accordage, on change un peu de registre puisque le quatuor enchaîne avec plusieurs pièces d’Albert Marcœur. Il s’agit a priori d’extraits de l’album Travaux Pratiques, sorti en 2008 et sur lequel participait le Quatuor Béla. Une sélection assez variée, donnant avec ces versions instrumentales une toute autre lecture de la musique du français. Pour finir, le quatuor se séparera, chaque musicien se plaçant aux quatre coins de la salle, derrière les spectateurs. Il interprèteront alors les Stringsongs de Meredith Monk, initialement composée pour le Kronos Quartet. Une musique plus lente, plus langoureuse, parfaite pour conclure ce concert d’une petite heure sous un tonnerre d’applaudissements, largement mérités.

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Stephan Mathieu

Une pause le temps l’enlever toutes les chaises, et nous revoici dans la grande nef pour la deuxième partie. Aux Voûtes, Stephan Mathieu se produisait au Phonoharp, délivrant un enchevêtrement de drones provoqués par des e-bows. Ce soir il se produit avec son projet Virginals qui, comme son nom l’indique met en œuvre un virginal, ancêtre du clavecin. Le projet a été initié voici 3 ans maintenant, et consistait à revisiter des œuvres de La Monte Young, Phill Niblock ou Charlemagne Palestine. Mais ce soir il s’agissait d’une première puisque l’Allemand interprétait une pièce du jeune compositeur Tashi Wada (fils de Yoshi Wada, artiste japonais très porté sur les drones).
Sur le principe on retrouve ce que l’on avait vu aux Voûtes puisque de la même façon, Stephan Mathieu joue avec ses e-bows qu’il place sur les cordes du virginal, délivrant et mêlant de longues nappes et drones. On appréciera surtout le principe de diffusion, quatre enceintes disposées à chaque coin de la nef, et une invitation à déambuler dans celle-ci, changeant sans cesse la perspective sonore et profitant de l’incroyable réverbération des lieux. Un concert d’une quarantaine de minutes dont on retiendra toutefois plus le cadre que la musique osci-lente.

Fabrice ALLARD
le 19/06/2011

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